(Photo: Isabelle Bergeron) Le marécage du parc-nature d’Anjou, partiellement détruit par la construction de l’usine d’American Iron and Metal.
La société des hommes d’affaires Herbert et Ronald Black, American Iron and Metal (AIM), prévoit investir de 50 M$ à 100 M$ dans son nouveau développement d’usine de récupération des matériaux de construction à Montréal-Est. Cet investissement pourrait générer 120 emplois directs et indirects. Plusieurs offres d’emploi sont d’ailleurs présentement affichées.

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L’entreprise, installée à Montréal-Est depuis 1988, fait partie du paysage montréalestois; avec son siège social comprenant une usine de 91 mètres carrés, elle emploie déjà 450 personnes. AIM est l’un des plus importants grossistes et transformateurs de métal en Amérique du Nord. Son nouveau développement est prévu en quatre phases. La première, qui est un centre de tri des métaux non ferreux, a déjà été complétée.

« La construction de cette usine s’inscrit dans le Plan directeur de gestion des matières résiduelles qui prévoit que la gestion des matières soit faite sur notre propre territoire », explique le commissaire du développement économique à la Ville de Montréal, Claude Paquette.

Cette nouvelle installation de valorisation des déchets n’est pas la seule prévue dans l’Est. On se souviendra que la Ville de Montréal entend implanter un centre de traitement des matières résiduelles par biométhanisation d’ici peu.

« La transformation des matières résiduelles est un secteur porteur pour l’Est. La Ville y planifie un centre de compostage et un centre de biométhanisation. Il n’y a pas que des inconvénients, ce secteur crée des emplois bien rémunérés », assure M. Paquette.

Sur la corde raide

Mais tout n’est pas rose du côté d’AIM. La compagnie fait présentement l’objet d’une enquête pour avoir contrevenu à la Loi sur la qualité de l’environnement. Elle pourrait donc être contrainte par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP) à verser une amante. Celle-ci pourrait prendre la forme de compensation.

« Il est possible qu’une partie des compensations retourne à la Montréal-Est, il y a plusieurs façons de s’entendre », assure M. Paquette.

Le maire de Montréal-Est, Robert Coutu, affirme ne rien avoir réclamé à AIM. « Les négociations se passent entre le MDDEP et la compagnie », précise-t-il.

Il faut dire que MM. Black avaient initialement prévu investir dans une usine située à Laval. Or, à la suite d’inspections environnementales, les frères Black avaient claqué la porte en septembre 2010, déclarant au journal le Courrier Laval : « nous allons transférer le projet à Montréal-Est, […] j’ai eu assez de bullshit, je n’ai pas besoin de ça dans la vie ».

Le maire Coutu a qualifié l’investissement de bonne nouvelle, précisant « qu’il y a une façon de faire et il faut que les choses soient faites dans les règles. Il faut trouver une solution pour que le projet aille de l’avant dans le respect de l’environnement. »

« Nous avons une très bonne collaboration avec la Ville. Le maire Coutu est un facilitateur pour les investisseurs et nous avons toujours apprécié travailler avec lui. Il ne faut pas se le cacher, il y a plusieurs terrains qui ne sont pas occupés autour de l’usine », fait valoir le directeur environnemental d’AIM, Mathieu Germain.

De son côté, M. Paquette est persuadé que le MDDEP pourra trouver un terrain d’entente avec AIM : « la compagnie a été collaborative. Elle nous a proposé des compensations ».

AIM a proposé à la Ville de Montréal des compensations d’une valeur de 850 000 $ pour agrandir le parc-nature Anjou sur une superficie de 157 778 pieds carrés. Selon la compagnie, ce nouveau territoire protégé aurait une valeur beaucoup plus importante que ceux détruits par la nouvelle usine. Personne n’a cependant voulu nous confirmer de quels terrains il s’agit.

Il n’y a pas que l’agrandissement d’AIM qui menace le marécage, « éventuellement, le boulevard Rodolphe-Forget sera prolongé et il traversera aussi le milieu humide alors il faut travailler à trouver une solution », raconte M. Paquette.

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