(Photo: gracieuseté) Télésoins
Les Télésoins sont une technique efficace, selon une étude publiée récemment par une équipe de chercheur de la Chaire de recherche du Canada en technologies de l’information dans le secteur de la santé. Au CSSS de la Pointe-de-l’Île, cette technique serait particulièrement efficace.

Rappelons que les Télésoins permettent un suivi systématique des patients souffrant de maladies chroniques. Ce suivi se fait par le biais d’un écran tactile (branché au téléphone) ou d’ordinateur personnel. L’application pose des questions sur l’état de santé des patients qui n’ont qu’à répondre au questionnaire dans le confort de leur salon. En plus d’éliminer le temps d’attente pour consulter l’infirmière, ce système permet aux patients d’apprendre à gérer leurs problèmes de santé.

À l’autre bout du fil, une infirmière observe les résultats sur son écran. « Elle peut réagir quand le client n’est pas capable de le faire », assure la directrice des services aux personnes âgées en perte d’autonomie et déficience physique du Centre de santé et de services sociaux de la Pointe-de-l’Île (CSSSPÎ), Mathilda Abi-Antoun. De plus, si le patient a des questions sur son état, il peut communiquer directement avec l’infirmière, un accès direct plutôt rare dans le système de santé québécois.

Selon le CSSSPÎ, le taux de satisfaction des usagers de l’application serait de 90 %. Depuis le début de l’expérience, 446 personnes ont utilisé les Télésoins. « Les gens aiment vraiment ça », assure le directeur général du CSSS, André Gagnière.

Un système efficace

La recherche sur les Télésoins menée par Guy Paré des HEC Montréal tend à démontrer que l’application est bénéfique en termes de qualité de vie pour les patients, qui apprennent à mieux gérer leur maladie, mais également en termes de coûts pour le système de santé. « Notre objectif est de trouver une façon novatrice de réduire le fardeau sur le réseau de la santé », déclare le premier vice-président de la compagnie Télus solutions en santé, qui a développé l’application, Paul Lepage.

D’un point de vue économique, l’utilisation des Télésoins permettrait une économie de 36 %, soit 1368 $ annuellement. Sur le terrain, cette économie se traduirait par une augmentation de 68 % du nombre de patients suivis par infirmière. « La centralisation permet aux infirmières de traiter beaucoup de patients en même temps », affirme Mme Abi-Antoun.

Les bénéfices pour les patients sont nombreux, dont principalement celui de la prise de contrôle des patients sur leur état de santé « Les Télésoins permettent, non seulement, de collecter les donnés sur l’état de santé des patients, mais aussi de les rendre autonomes. L’objectif est que les clients prennent en charge leur maladie », maintient Mme Abi-Antoun. « Certains patients recommencent même à s’entraîner puisqu’ils comprennent mieux leur maladie », ajoute M. Gagnière.

Le CSSSPÎ plus performant

L’application Télésoins n’est pas l’unique raison de cette réussite. Selon l’étude de M. Paré, le CSSSPÎ serait particulièrement performant. « C’est la façon de faire que nous avons développée au CSSSPÎ », expose M. Gagnière. De son côté, Mme Abi-Antoun croit que c’est l’équipe qui a fait la différence. « Je suis très fière de toute l’équipe. C’est eux surtout qui font toute la différence, car ils prennent le projet à cœur. »

D’ailleurs, le CSSSPÎ est plus performant que les cinq autres établissements où les Télésoins sont utilisés. À titre comparatif, l’application aurait permis de diminuer de 25 % du nombre de visites à l’urgence au CSSS Jardins-Roussillon en Montérégie alors qu’au CSSSPÎ, ce nombre aurait diminué de 34 %. En ce qui concerne le nombre d’hospitalisations, il aurait diminué de 61 % en Montérégie contre 68 % à la Pointe-de-l’Île.

Les techniques utilisées par l’équipe du CSSSPÎ pourraient voir des émules un peu partout sur la planète. Mme Abi-Antoun raconte avoir reçu la visite de responsables de la santé en provenance d’autres provinces, dont l’Ontario, et même d’autres pays, de l’Australie notamment.

Le CSSSPÎ est prêt à exporter son expertise. Mme Abi-Antoun s’est récemment rendu au Congrès du Secrétariat international des infirmières et infirmiers de l’espace francophone (SIDIIEF) à Genève pour présenter les télésoins devant des représentants d’Europe, du Moyen-Orient et d’Afrique.

Pour l’instant, à Montréal, le CSSS de la Pointe-de-l’Île est le seul à avoir mis en place le système de Télésoins, à l’exception de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, qui l’utilise pour les patients souffrant de maladies pulmonaire chronique.

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