(Photo: Patrick Deschamps) Les élus montent à bord d’un autobus qui les mènera à travers l’arrondissement.
La semaine dernière, c’était les journées En ville sans ma voiture. Les élus de l’arrondissement en ont profité pour monter à bord d’autobus, question d’évaluer les transports en commun dans l’Est. « L’objectif est de démontrer la déficience du réseau. Il est inefficace! », a déclaré la mairesse de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, Chantal Rouleau.

Une précision a été ajoutée à ce texte après sa première mise en ligne.

Dans ce premier périple, les élus ont traversé l’arrondissement du sud au nord (voir autre texte). Un trajet de seulement 10,2 km qui prend environ 20 minutes en voiture, mais près de 50 minutes en autobus. « Il faut vraiment rallier les deux quartiers, cela le démontre bien », a admis la conseillère de Ville, Caroline Bourgeois.

Plusieurs élus de l’arrondissement sont d’accord. « Lorsque les trajets ont été pensés, certains quartiers n’avaient pas encore été créés ou la Société de transport de Montréal (STM) ne savait pas qu’ils existaient », explique Mme Rouleau. C’est ce qui pourrait expliquer que, dans l’arrondissement, peu de gens se déplacent en autobus.

« Le but du Défi sans auto est bien sûr d’inciter la population à choisir le transport collectif qui comprend de nombreux avantages environnementaux et économiques, mais encore faut-il que cette alternative soit viable et efficace », croit Mme Bourgeois. Au cours des dernières années, la situation semble pourtant s’être améliorée dans l’arrondissement. La STM aurait augmenté de 16 % l’offre de service des autobus et investit 7 M$ supplémentaires récurrents annuellement en heure de service sur les lignes qui desservent le territoire, selon des chiffres transmis par l’arrondissement.

« Le but d’une société de transport est le transport de personnes, peu importe la manière », précise pour sa part la chef de Vision Montréal, Louise Harel. Nous avons donc demandé aux élus quelles seraient les alternatives pour rendre le transport collectif plus efficace.

Les taxis collectifs

Dans l’arrondissement, plus de 53,7 % des résidents utilisent leur automobile pour se déplacer, 19,2 % l’autobus et 14,5 % se déplacent en taxi ou d’autres moyens. Un constat qui fait dire aux élus que les taxis collectifs pourraient être une solution. L’ajout d’autobus n’est pas viable dans l’arrondissement puisque peu de citoyens l’utilisent, selon Mme Bourgeois, qui croit que ce phénomène s’explique par la déficience du service. Pour cette raison, les taxis collectifs pourraient être une étape transitoire vers une augmentation du nombre d’autobus, pense-t-elle.

« On pense souvent que les taxis collectifs se trouvent surtout dans les pays en développement, mais ils sont présents dans de plus en plus de Villes, dont Sorel et Rimouski, qui ont signé des ententes, assure Mme Harel. À New York, ils ont permis de réduire de 17 % des lignes déficitaires. Les taxis s’arrêtent aux mêmes endroits et les utilisateurs utilisent les mêmes titres de transport. »

Montréal ne fait pas exception. Dans l’ouest de la Ville, une dizaine de projets de taxi collectif ont été implantés. Un modèle que les élus aimeraient voir appliquer dans l’Est. « Les taxis collectifs circulent sur un circuit prédéterminé. Les chauffeurs de taxi aiment ça puisqu’ils sont payés à l’heure alors ils sont sûrs de leur salaire. Ça coûte moins cher de gaz et ça fait moins de pollution », explique le conseiller Gilles Déziel.

Pour la STM aussi l’expérience pourrait être avantageuse. « Il en coûte 100 $/h pour un autobus alors que les taxis collectifs coûtent 33 $/h, expose Mme Bourgeois. En subventionnant les taxis, la STM permettrait de baisser les coûts tout en augmentant la mobilité des citoyens. »

La voie fluviale

Une autre alternative proposée par la mairesse est la création d’une navette fluviale qui permettrait d’exploiter un des plus grands obstacles au transport à Montréal, le fleuve. Selon elle, il n’en prendrait que 30 minutes pour rejoindre le centre-ville par les eaux. « Il faudrait une étude sérieuse pour évaluer la rentabilité du projet, juge l’édile. Nous n’avons pas seulement besoin de transport nord-sud, mais aussi est-ouest. Il y a 3000 personnes qui passent sur Notre-Dame chaque jour alors, je crois que ç’a du potentiel. Mais pour que le transport collectif soit viable, il faut qu’il soit lié au réseau. »

Le Viabus

Pour sa part, le projet de Viabus semble presque avoir été abandonné. Rappelons que ce projet comprenait la réutilisation de la bande laissée par l’ancienne voie ferrée du CN afin d’y construire de nouveaux rails pour permettre le passage d’une sorte de tramway électrique. « Le Viabus, on en parle moins, car on attend beaucoup du Train de l’Est », admet Mme Rouleau.

Bilan du voyage

Même si les élus en sont venus à la conclusion que les transports dans l’Est n’étaient pas suffisamment efficaces, sur le plan environnemental et économique, l’expérience s’est toutefois avéré concluante puisque pour chaque personne à bord, le trajet a permis d’économiser 1,2 fois les émissions de CO2 rejetés dans l’atmosphère par une voiture (soit une économie annuelle de 280 kg)*.

Ce voyage en transport en commun aura également permis d’économiser de l’argent. Un citoyen qui ferait cet allez-retour tous les jours de l’année économiserait près de 500 $. En effet, une voiture moyenne coûterait entre 8000 $ et 10 000 $ annuellement, soit près de 0,70 $/km**. En comparaison, un abonnement annuel à la STM, pour les 6 à 25 ans et les 65 ans et plus, en coûte 492 $.

*Selon le site de la Société de transport de Montréal.

**Selon des données de CAA Québec (2012) et de l’Office de l’efficacité énergétique du Canada (2008).

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