Patrick Deschamps/TC Media Des cabanes sont installées tout au long de la saison hivernale sur la flace du fleuve Saint-Laurent.

Des amateurs de chasse et de pêche qui font fi de la réglementation, perturberaient régulièrement la quiétude du bord du fleuve, selon les riverains.

Au cours des derniers mois, des citoyens se sont plaints de la présence de chasseurs près des résidences, plus précisément, à la hauteur de l’île de la Batture entre le boulevard Saint-Jean-Baptiste et le boulevard du Tricentenaire.

«L’automne dernier, il y a eu des voisins qui ont porté plainte, car il y avait des chasseurs qui tiraient souvent près de nos maisons en direction des rives, explique Georges McDuff, un résident du secteur. La police est venue, et les chasseurs sont partis, mais au mois de décembre dernier, nous avons aperçu une petite chaloupe avec deux ou trois personnes qui chassaient. Cela a duré toute une journée.»

Le résident, qui habite le secteur depuis plusieurs années, s’est dit préoccupé par la présence des chasseurs.

«Je n’aime pas quand j’entends des coups de fusil près de chez nous, dit-il. Je trouve cela inconcevable qu’il y ait de la chasse autour de Montréal sachant qu’il y a des gens qui habitent tout près des berges.»

Courses de motoneige
La chasse ne serait pas la seule activité qui inquiète les citoyens résidant près des berges. Selon Maurice Vanier de l’Association des riverains du Vieux-Pointe-aux-Trembles (ARVPAT), des cabanes à pêche sont également installées sur le fleuve pendant une partie de l’hiver.

«Il y a des cabanes où les gens sont souvent en train de boire, mais il y a aussi souvent des courses de motoneige et des véhicules qui se promènent sur le fleuve», indique M. Vanier.

Des informations qui ont été confirmées par le lieutenant Steve Thouin du poste de quartier 49.

«Nous avons mené des opérations conjointement avec des agents de la protection de la faune et nous avons fait de la sensibilisation auprès des citoyens, dit-il. Nous intervenons aussi lorsqu’il y a des gens qui conduisent avec des facultés affaiblies qu’ils soient en motoneige, en quatre roues ou dans un véhicule particulier.»

«Ce sont des cas isolés, mais il y a effectivement des gens qui vont très loin sur le fleuve avec leur véhicule. C’est un peu épeurant et c’est pour cette raison qu’il y a une présence policière accrue près des berges pendant la saison hivernale», indique M. Thouin.

Imbroglio au sujet des autorités responsables
Chasseurs négligents, conducteurs téméraires et pêcheurs illégaux sont aperçus régulièrement près des résidences du quartier de Pointe-aux-Trembles où les autorités ne savent plus toujours où donner de la tête. Réglementations municipales? Lois provinciales? Juridictions fédérales? Difficile d’identifier les autorités responsables, même pour les intervenants, laissant place à tout un imbroglio.

A-Fleuve (4)«C’est difficile de savoir à qui s’adresser étant donné que le fédéral, le provincial et le municipal ont tous des compétences à ce niveau, explique Maurice Vanier de l’Association des riverains du Vieux-Pointe-aux-Trembles (ARVPAT). La police a fait plusieurs interventions pendant les dernières années, mais nous sommes toujours préoccupés par l’absence de règlements clairs en ce qui concerne le fleuve.»

Un sentiment partagé par le lieutenant Steve Thouin du poste de quartier 49 qui soutient qu’il s’agit d’un dossier complexe qui date de plusieurs années.

«C’est ce que j’appelle un work in progress, fait valoir M. Thouin. Il y a beaucoup de règlements très spécifiques en ce qui concerne les activités de chasse et de pêche dans le fleuve. Tout dépend des espèces que l’on chasse, alors ça peut prêter à confusion.»

Le SPVM indique que les policiers peuvent intervenir lorsque les chasseurs font preuve de négligence, mais rappelle que la chasse et la pêche relèvent des instances provinciales et fédérales.

«Nous ne pouvons pas demander aux chasseurs de nous montrer leur permis pour vérifier ce qu’ils chassent, car nous n’avons pas les compétences pour le faire. Ce sont les agents spécialisés d’Environnement Canada ou du ministère des Forêts de la Faune et des Parcs qui peuvent le faire et donner des amendes aux chasseurs fautifs», explique le lieutenant Thouin.

Il ajoute que les règlements varient en fonction des espèces qui sont chassées.

«Les oiseaux migrateurs sont de compétence fédérale et les sauvagines de compétence provincial. Les règlements varient d’une espèce à l’autre», mentionne-t-il.

Du côté municipal, un règlement régissant le tir au fusil stipule qu’il est interdit de pointer tout fusil vers la rive de l’île de Montréal sous peine de recevoir une amende pouvant s’élever jusqu’à 2000$. Ce règlement, voté en 2003, ne s’applique toutefois qu’au quartier de Rivière-des-Prairies.

«Le fleuve n’est pas sous notre juridiction, explique le conseiller municipal Richard Guay. S’il y a des chasseurs dans une chaloupe sur l’eau, nous ne pouvons malheureusement rien faire. Il y a déjà des règlements établis par Environnement Canada qui doivent être respectés.»

«Nous n’avons pas eu de plaintes jusqu’à maintenant, mais si les citoyens le demandent, c’est quelque chose sur laquelle nous pouvons nous pencher. Je sais que d’autres arrondissements, comme celui de Verdun, sont aux prises avec le même problème.»

FleuveEnvironnement Canada, pour sa part, signale que la chasse aux oiseaux migrateurs, dont les canards, est permise du 13 septembre au 3 janvier inclusivement. Il est interdit de chasser durant la période commençant 30 minutes après le coucher du soleil et se terminant 30 minutes avant le lever du soleil le lendemain.

L’institution gouvernementale signale que ce sont les agents de la faune d’Environnement Canada qui sont responsables de faire respecter le règlement et non le service de police municipal.

 Les citoyens peuvent faire part de leurs préoccupations en contactant le service d’information d’Environnement Canada au 1-800-668-6767.

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