Samantha Velandia/TC Media Les trois réservoirs de butane de la raffinerie Suncor à Montréal-Est.

Des centaines d’employés œuvrant au sein de 53 entreprises travaillent dans les environs de la raffinerie de Suncor dans une zone jugée à ce point à risque que le Centre de sécurité civile y a freiné tout nouveau développement. Selon des entrepreneurs rencontrés par TC Média, des travailleurs commenceraient à craindre pour leur sécurité.

Le secteur d’un rayon de 610 mètres entoure les trois réservoirs de butane de la raffinerie à l’angle des boulevards Saint-Jean-Baptiste et Métropolitain, à Pointe-aux-Trembles.

Compte tenu de l’ampleur des dégâts que pourrait causer un éventuel accident, et à la suite d’une recommandation du Centre de sécurité civile (CSC), la ville a imposé un moratoire en 2014 sur la construction dans cette zone. Mais les industries qui s’y trouvaient déjà opèrent comme à l’habitude.

Plusieurs d’entre elles se sont regroupées au sein d’une coalition pour s’opposer au moratoire. Selon ce regroupement, 950 travailleurs se rendent quotidiennement dans la zone entourant les réservoirs de butane.

«Les gens ont soudainement peur de venir travailler. Cela fait près de 50 ans que nous sommes ici, et nous n’avons jamais eu de problème à ce niveau, mais le fait de savoir que nous sommes dans une zone jugée à haut risque inquiète les gens. C’est difficile pour tout le monde, mais il faut venir travailler pareil», explique Francine Gagnon, propriétaire de l’entreprise Transformateur fédéral.

Selon elle, l’ambiance est lourde depuis que le moratoire a été rendu public dans les médias.

Nicola d’Elia, de la compagnie de produits architecturaux, Colico, dit se sentir «agacé» par «toute l’incertitude que la ville crée avec ce moratoire».

«Ma secrétaire m’a demandé si elle devait continuer de venir travailler au bureau ou si c’est trop dangereux. C’est difficile de les rassurer quand on ne sait pas nous-mêmes ce qui se passe autour de nous», confie M. D’Elia.

Il ajoute que les sirènes de la raffinerie qui retentissent normalement dans le cadre de ses opérations sont soudainement devenues inquiétantes pour les employés.

Décision attendue
Louise Bradette, du Centre de sécurité civile indique pour sa part que le dossier est en évolution et qu’une décision devrait être rendue «bientôt» en ce qui concerne «la nouvelle orientation de l’aménagement du territoire.»

«Dans le passé, on construisait un peu sans tenir compte des risques liés aux industries et c’est que nous souhaitons corriger en ce moment», dit-elle.

En ce qui concerne les craintes des employés, elle indique que de multiples campagnes de communication concernant les risques industriels ont été réalisées dans le passé.

«Les gens de ce secteur ont toujours été au courant des risques associés aux industries telles que Suncor, alors il n’y a pas de raison pour avoir peur tout d’un coup.»

Risque faible selon Suncor
Du côté de Suncor, on indique toujours que le risque de sinistre est faible en raison des mesures de sécurité mises en place par la raffinerie.

«Nos installations sont à la fine pointe de la technologie. Nous avons mis en place 19 mesures d’atténuation de risque et nous avons un système de monitorage électronique qui fonctionne 24h par jour, 7 jours par semaine afin de détecter toute forme d’anomalie», dit-il.

Parmi ces mesures d’atténuation, on peut retrouver un programme d’entretien préventif, des arrêts planifiés des unités d’inspection et entretien, des instruments de détection, contrôle et alarmes reliés à une console de contrôle ainsi qu’un système de récupération de fuites d’hydrocarbures.

En ce qui concerne le plan d’urgence, Suncor signale qu’il travaille en étroite collaboration avec le Centre de sécurité civile de Montréal.

«Nous avons un protocole à suivre dès le déclenchement d’une alerte de niveau I. Une équipe de six personnes est toujours en devoir afin de gérer une crise si jamais on en avait une qui se présentait.»

Risques d’une vaporisation explosive au butane

-Zone entre l’usine et 610 mètres: brûlures très graves

-Zone au-delà de 610 mètres : brûlures au deuxième degré

Source : Suncor Énergie

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