Samantha Velandia/TC Media Diane Lessard, coiffeuse au salon Saint-Georges depuis 40 ans.

Lorsque Diane Lessard a mis les pieds au salon de coiffure Saint-Georges pour la première fois, elle était loin de se douter qu’elle serait toujours la coiffeuse préférée des hommes du quartier 40 ans plus tard.

Originaire de Lachenaie, Mme Lessard a trouvé son emploi au salon Saint-Georges alors qu’elle avait à peine 17 ans, grâce à une annonce qu’elle a lue dans un journal publié en 1976.

«Je venais de terminer ma formation en coiffure et je travaillais dans un salon à Repentigny, raconte-t-elle. Comme je ne m’entendais pas bien avec le patron, j’avais envie de lâcher la coiffure. Mais ma mère m’a suggéré de chercher du travail ailleurs. Aujourd’hui, je me dis que j’ai bien fait de l’écouter.»

Ainsi, Mme Lessard est devenue une pionnière dans le domaine de la coiffure pour hommes.

«Nous étions très peu à l’époque. La coiffure pour hommes était réservée aux barbiers, mais peu à peu, nous avons réussi à nous faire une place», dit-elle.

Depuis, Mme Lessard ne cesse de coiffer les hommes du quartier.

«J’ai des journées très occupées. Je n’ai pas à me plaindre, je n’ai jamais manqué d’ouvrage», confie la coiffeuse qui peut voir jusqu’à 22 clients par jour.

Elle a d’ailleurs coiffé des personnalités de la communauté, dont Mathieu Giroux, champion olympique aux jeux d’hiver de Vancouver de 2010.

«Je l’ai connu depuis qu’il était tout petit. Et maintenant, même s’il habite au centre-ville, il vient toujours me voir.»

De père en fils
Geoffroy Labbé, résident du quartier, connaît Diane depuis son enfance. Son père l’amenait régulièrement lorsqu’il avait besoin d’une coupe de cheveux.

«Je ne sais même plus si j’y vais pour la coupe de cheveux, ou juste pour discuter et rire avec elle. On parle de tout et de rien. C’est ma conseillère en vins, mon agente de voyage… elle me raconte même les « punchs » des téléséries que je manque et en prime, j’ai une belle coupe de cheveux. J’ai peur du jour où elle décidera de prendre sa retraite.»

Même son de cloche chez David Legendre, un autre client qui fait affaire avec elle depuis près de 30 ans.

«J’habite à Mascouche depuis 2012, mais je n’ai jamais voulu me trouver un salon de coiffure plus près de chez moi. Aller se faire coiffer par Diane, c’est un « happening » avec mon père. »

La crise des cheveux longs
Si Mme Lessard est aujourd’hui connue de tous dans le quartier, il y a eu des années de vache maigre.

«Les années 70 et 80 ont été particulièrement difficiles. C’est qu’on appelle « la crise des cheveux longs ». Personne ne voulait se couper les cheveux. Deux personnes ont perdu leur poste et n’ont jamais réussi à le récupérer par la suite.»

Mme Lessard a également survécu à l’exode des commerçants du centre d’achats Saint-Georges dans les années 2000.

«C’était un gros centre d’achats. Il y avait une épicerie, un restaurant, une pharmacie, une banque. Maintenant il ne reste que le salon de quilles et moi.»

En 2007, lorsque son patron a décidé de partir à la retraite, Mme Lessard a fait l’achat du salon de coiffure.

«J’ai acheté ma job, dit-elle en riant. J’ai loué une chaise à une coiffeuse pour femmes pendant quelques années, mais maintenant je suis toute seule.»

Malgré le passage des modes et les difficultés économiques, Mme Lessard ne craint pas pour son salon. Après tout, tant que les hommes auront des cheveux, elle sera là avec ses ciseaux.

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