Collaboration spéciale

Bloqués par un moratoire empêchant tout projet autour de la raffinerie Suncor, la grogne monte chez une cinquantaine d’entrepreneurs avoisinants. La zone est jugée à ce point à risque que la Direction de la sécurité civile y a freiné tout nouveau développement. Pourtant, la Ville de Montréal continue la préparation de son projet de centre de compostage.

Le secteur d’un rayon de 610 mètres entoure les trois réservoirs de butane de la raffinerie Suncor à l’angle des boulevards Saint-Jean-Baptiste et Métropolitain, soit à peine à 390 mètres, l’équivalent de presque quatre fois la longueur d’un terrain de football, du futur centre de compostage.

Malgré l’application du moratoire, un avis d’appel d’intérêt a été lancé il y a quelques jours pour un projet d’agriculture urbaine sur le toit de l’éventuel centre de traitement de matières organiques (CTMO) de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles.

Le document spécifie que l’un des objectifs du projet est d’obtenir une grande visibilité à partir de l’autoroute métropolitaine et du boulevard Saint-Jean-Baptiste de manière à «dégager une image forte de renouveau économique» en plus de «démontrer la boucle de réutilisation des matières organiques dans un contexte de développement durable.»

Deux poids, deux mesures
Les entrepreneurs, qui sont toujours en attente d’une décision finale sur la possibilité de développer le secteur, déplorent la démarche de la métropole et «le peu de transparence» de l’administration Coderre dans le dossier.

«Je ne comprends pas la démarche de la Ville. Ils bloquent nos projets pour des raisons de sécurité en même temps qu’ils continuent les leurs. Je suis à la veille d’être au bout du rouleau avec toute cette attente et je sais que je ne suis pas le seul dans cette situation», explique Martin Dubois, porte-parole de la Coalition pour le développement économique de Pointe-aux-Trembles (CDEPAT).

Un rapport du Centre de sécurité civile de Montréal est toujours attendu afin de «préciser les classes d’usages compatibles dans le secteur concerné», tel qu’écrit dans les avis distribués l’automne dernier aux compagnies visées par le moratoire.

Un talus végétalisé
Rayon d'impact SuncorLa Ville de Montréal explique pour sa part que «le lieu du futur CTMO sera situé à l’extérieur de la zone restrictive suggérée par la Direction de la sécurité civile». Cette dernière avait «donné un avis favorable pour le site de compostage en raison de sa localisation par rapport aux installations de Suncor», a-t-on répondu par courriel à TC Media.

«Seule une petite partie du terrain est située dans la zone restrictive et elle sera aménagée sous forme de talus végétalisé», indique Valerie De Gagné, porte-parole de la municipalité

Or, selon le schéma de la Ville distribué aux résidents, le futur centre de compostage se trouve en plein cœur des zones considérées à risque très élevé (435 mètres) et élevé (610 mètres).

La ville-centre précise que l’appel d’intérêt lancé «ne constitue pas un quelconque engagement de Montréal à lancer ultérieurement un appel de propositions.»

Disponible pour eux
Questionnée au sujet de l’impatience des entrepreneurs, la mairesse de l’arrondissement Chantal Rouleau s’est montrée compréhensive

«Je comprends très bien les gens qui sont touchés, cependant lorsqu’il est question de sécurité, un travail d’une extrême rigueur doit être effectué et par conséquent, il faut respecter le processus et faire preuve de patience. Je serai toujours disponible pour eux.»

Elle ajoute que l’arrondissement continuera de contribuer «au maximum» aux analyses en cours tout en mettant «à profit l’expertise que nous avons développée pour faciliter la prise de décision.»

 

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