Johanna Pellus La Cuisine collective à toute vapeur accepte de donner une cotisation financière à Moisson Montréal car le besoin de nourriture se fait trop grand

Alors que Moisson Montréal voulait leur imposer depuis début octobre une cotisation de 1750$ pour continuer à leur distribuer de la nourriture, La Cuisine collective à toute vapeur, organisme qui offre des services de dépannage alimentaire et de cuisine collective dans RDP-PAT, a réussi à baisser ce montant de 250$.

Bénéficiant gratuitement de dons de nourritures et de produits essentiels au quotidien, Moisson Montréal, banque alimentaire la plus importante du Canada, a décidé de mettre en place des frais de service de 100 à 5 000$ annuels selon la quantité de denrées distribuées par semaine à leurs 254 organismes partenaires.

«Il y a eu une erreur pour nous, explique France Joyal, coordonnatrice et présidente du conseil d’administration de La Cuisine collective à toute vapeur. Nous sommes codé 6 l’été car il y a plus de personnes qui viennent, en raison de la fermeture des autres organismes. Et l’année nous sommes codé 5, donc nous avons pu faire baisser le prix de 250$.»

En effet, environ 130 personnes par semaine viennent l’été à La Cuisine collective à toute vapeur pour chercher de la nourriture ou participer à la cuisine collective. Durant l’année, elle compte plutôt entre 110 et 120 personnes par semaine.

«Il faut être pratique et pragmatique»
Richard Daneau, Directeur Général de Moisson Montréal explique cette demande de frais de service par une «faste croissance des denrées alimentaires. Nous sommes passés d’environ 45M$ à plus de 81M$ en six ans en support alimentaire.»

Présent pour cueillir et distribuer les aliments à ces organismes qui combattent la pauvreté, Moisson Montréal a dû faire «le choix entre ralentir la cadence de développement, car nous étions essoufflés au niveau du financement et de la croissance, ou bien maintenir cette cadence et demander des frais de service», explique M. Daneau.

Selon lui, la majorité des organismes ont préféré payer, plutôt que la distribution de nourriture s’arrête ou ralentisse.

D’un autre côté, une minorité était complètement contre: «Nous sommes ouverts à toutes propositions, donc si un organisme nous appelle pour baisser les frais de service nous allons voir avec elle et nous adapter, lance-t-il. Nous sommes là pour combattre l’insécurité alimentaire, donc nous cherchons des solutions à tous les jours.»

«On souffre tous cruellement du désengagement du gouvernement fédéral et provincial concernant la lutte contre la pauvreté, si les réseaux communautaires se rétractent cela serait une catastrophe pour les citoyens en demande de nourriture», conclu le DG de Moisson Montréal.

Légère augmentation pour la clientèle
Passer de zéro dollar à 1500$ de cotisation pour Moisson Montréal ne sera pas sans conséquence sur le prix de participation hebdomadaire au dépannage alimentaire que les clients payaient à La Cuisine collective à toute vapeur (2,50$).

France Joyal se veut toutefois rassurante: elle n’augmentera cette participation que de 0,50 cents.

«On ne demandera pas plus, c’est certain, promet-elle. Au sein de notre organisme, il n’y a pas de charges, pas de salaires à payer, car nous sommes tous bénévoles. C’est plus facile d’absorber cette facture. On ne veut pas que nos clients en pâtissent.»

Mme Joyal pense également ne pas augmenter la facture avant la fin de l’année 2016, leurs campagnes de financement et les dons qu’ils reçoivent de la part de certaines entreprises sont assez pour le moment.

«Les autres organismes demandent 5$ aux familles, car ils ont des salaires à payer, mentionne Mme Joyal. Nous nous demanderons 3$, c’est toujours moins qu’ailleurs.»

La Cuisine collective à toute vapeur accepte cette cotisation financière car le besoin de nourriture et plus particulièrement de viande est grande au sein de leur clientèle, donc l’organisme va s’y résoudre. On rappelle que le but principal de cet organisme est de faire de la cuisine collective: «Les gens apprennent à faire de la cuisine, à économiser, ça permet aussi de briser l’isolement de certaines personnes», souligne Mme Joyal.

Aussi, quelques-uns arrivent parfois à retourner sur le marché du travail, car cette activité les valorise et leur redonne confiance en eux, explique-t-elle.

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