Romain Schué/TC Media Les membres de la Société historique de RDP veulent changer l'image des Filles du Roy.

La Société historique de RDP veut rétablir l’image que l’on accorde aux Filles du Roy, débarquées sous Louis XIV au 17e siècle. Douze d’entre elles se sont implantées dans RDP-PAT et auraient grandement participé au développement de l’est de Montréal.

«Elles sont trop souvent vues comme des filles de petites mœurs, des filles de joie. Mais moi, je me plais à dire qu’elles sont venues apporter de la joie et tant d’autres choses», explique Denise Campeau, membre de la Société historique des Filles du Roy, fondée en 2010.

Habillée en tenue d’époque, comme l’une de ses descendantes venues de France au courant du 17e siècle, Denise Campeau a multiplié les recherches pour en savoir davantage sur son propre passé. Archives publiques, contrats de mariage, enregistrements de baptême, sépulture, registres des bateaux: tout a été consulté «pour redonner une âme et de la vie à ces personnes-là.»

764 Filles du Roy en Nouvelle-France
À ses côtés, Louise Bernard, membre de la Société historique de Rivière-des-Prairies (SHRDP), affirme être «tombée en bas de ma chaise» après avoir appris la présence de trois Filles du Roy à Rivière-des-Prairies et neuf autres à Pointe-aux-Trembles.

Comme les 764 autres jeunes femmes répertoriées par la Société historique, dont 71 sur l’île de Montréal, ces Filles du Roy seraient arrivées entre 1663 et 1672, à la demande du Roi de France, Louis XIV.

Un départ sous la forme du volontariat, afin d’aider au développement d’une Nouvelle France, en manque cruel «de femmes à marier.»

8,9 enfants
Ces Filles du Roy, qui avaient en moyenne 22 ans en arrivant au Canada, auraient eu près de 9 enfants par femme.

«Le Roi n’obligeait personne, explique Denise Campeau. Le voyage était payé et une dote était offerte à ces femmes qui venaient principalement de la région parisienne, ainsi que différents biens et instruments.»

Une fois sur les terres de l’actuelle province du Québec, ces Filles du Roy, pour la plupart orphelines, auraient même eu l’opportunité de choisir leur futur époux.

«On leur conseillait de prendre quelqu’un avec une terre et une cabane, surtout qu’elles sont arrivées à la fin de l’été, alors que l’hiver approchait. Ensuite, elles étaient en charge de nourrir et d’éduquer les enfants», précise Hubert Lewis, membre de la SHRDP qui va organiser une journée consacrée à ces Filles du Roy le 19 novembre (voir ci-dessous).

«Elles ont changé notre société»
Souhaitant apporter «une connaissance nouvelle de notre propre histoire», Denise Campeau croit en l’apport culturel de ces Filles du Roy, aux rôles nettement plus importants qu’on pourrait leur attribuer.

«Elles ont vraiment contribué à l’essor de la colonie francophone. Elles ont changé notre société, ont participé à maintenir la langue française, afin d’éviter qu’un patois ne s’installe chez nous. Il faut changer cette image qu’on a d’elles.»


Une journée avec les Filles du Roy le 19 novembre

De 12h30 à 17h au Centre communautaire de Rivière-des-Prairies, différentes activités, notamment pour les enfants, seront organisées afin de mieux connaître l’histoire de ces Filles du Roy tels des ateliers de démonstrations de ruches d’abeille, de fabrication de chandelle à la cire, de lavage à la planche ancienne, des expositions, présentation d’outils anciens et la projection d’un documentaire. Inscriptions et informations au 514 872 9814.

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