Des fournisseurs de services de traitement et d’abattage font état d’une progression des foyers d’infestation dans Rivière-des-PrairiesPointe-aux-Trembles et préviennent que les propriétaires de frênes privés devront inévitablement mettre la main à la poche.

Chez Bio-Contrôle Arboricole, qui revendique 40% du marché, on constatait 77 sites d’infestation en 2016 contre seulement 11 en 2015.

«Si on ne veut pas se retrouver avec une situation comme à Ahuntsic ou à Côte-des-Neiges, où beaucoup d’arbres doivent être abattus parce que les gens ne s’y sont pas pris à temps, il faut vraiment que les résidents de RDP-PAT fassent traiter», plaide un biologiste de l’entreprise, Guillaume Tessier.

Pour Service d’Entretien d’Arbres Viau Inc, l’arrondissement représentait environ 90% des 25 000 centimètres de diamètre d’arbres privés traités par l’entreprise sur l’île de Montréal en 2016, selon son vice-président et arboriculteur, Guillaume Martin.

Les fournisseurs disent comprendre que les factures grimpent vite pour les propriétaires qui possèdent souvent une dizaine de frênes. «Mais c’est sûr à 100% que ton frêne va pogner l’agrile s’il n’est pas traité, comme dans le sud de l’Ontario, où il a tué tous les frênes», plaide le copropriétaire d’Arboriculture Dumoulin inc, le biologiste, arboriculteur et professeur au Collège Montmorency Luc Dethier.

«Donc soit tu payes peut-être 60$ maintenant pour sauver ton arbre à temps, soit t’en payes peut-être 600 deux ou trois ans plus tard, quand t’es obligé de l’abattre.»
– Luc Dethier

Rivière-des-Prairies—Pointe-aux-Trembles compte parmi les arrondissements montréalais les plus infestés par l’agrile du frêne, selon la Ville. Sur un peu plus de 17 200 frênes recensés sur le domaine public de l’arrondissement, 778 ont été abattus et 2138 traités par injection, tandis que 804 arbres ont été plantés en 2016.


Montréal, zone à risque
En raison d’une ordonnance du comité exécutif de la Ville de Montréal, tous les propriétaires possédant des frênes éligibles ont maintenant l’obligation de les faire diagnostiquer et, s’il y a lieu, de les faire traiter ou abattre.

Ils peuvent également tous se prévaloir du remboursement de 50% des coûts d’injection. Pour l’aide pour l’abattage, ils devront attendre son adoption par le conseil municipal en septembre. L’aide couvrira alors tout 2017.

Mercredi dernier, le comité exécutif a étendu les zones jugées à risque à l’ensemble du territoire de la Ville. Selon la Ville, seulement 20% des frênes situés dans ces zones ont été traités au TreeAzin entre 2015 et 2016, dont 1407 frênes privés en 2016. Pour ce qui est des frênes sur le domaine public, 27 422 ont été traités et 5379 autres abattus, d’après la Ville.

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