Le secteur des marais du parc-nature de la Pointe-aux-Prairies foisonne d’espèces animales et végétales, mais n’est pas à l’abri des menaces pesant sur les milieux humides en ville.

Un samedi, sous un soleil rayonnant, l’éducatrice-naturaliste Mélissa Greene entraîne une poignée de curieux au cœur des marais du parc-nature de la Pointe-aux-Prairies.

Le parc-nature est particulièrement connu pour ses cerfs de Virginie et ses hérons verts, mais ses marais grouillent d’autres espèces comme le canard, les escargots, les trichoptères (un ordre d’insectes) et les grenouilles.

«On me disait que pendant la saison des rainettes, on s’entend plus parler, mais j’y croyais pas jusqu’à ce qu’un moment donné, pendant que je dirigeais une visite, les gens me disaient qu’ils ne m’entendaient plus», confie Mme Greene, membre du Groupe uni des éducateurs-naturalistes et professionnels en environnement (GUEPE).

Une fois rendu à la hauteur des fameux marais, l’odeur turlupine l’odorat du citadin, mais plonge l’éducatrice-naturaliste dans une nostalgie. Elle n’est pas la seule. «J’ai eu un chum qui avait grandi dans une ferme et lui, l’odeur du fumier lui rappelait son enfance», confie une visiteuse venue de l’arrondissement du Sud-Ouest.

Biologiste de formation, Mme Greene fait valoir que les marais apportent de grands services à la variété d’animaux, d’oiseaux et d’insectes qui viennent y boire, manger ou faire leur nid par exemple.

«C’est un véritable garde-manger, l’épicerie du parc-nature.» -L’éducatrice-naturaliste Mélissa Greene

Conservation
La visite des marais est une occasion de rappeler les usages de la rivière des Prairies, située tout près. Les usages anciens comme la navigation par les Autochtones ou le transport du bois par les cageux. Mais aussi plus récents, comme les surverses, c’est-à-dire quand des eaux de pluie et des eaux usées s’écoulent vers la rivière sans passer par la station d’épuration Jean R. Marcotte.

La qualité de l’eau de la rivière a été particulièrement problématique cet été. La quantité de coliformes fécaux a dépassé le seuil critique trois fois durant les cinq derniers relevés dans cinq des huit stations de prélèvement de Rivière-des-Prairies.

«Au bout de l’île, les niveaux d’eau sont souvent bas et leur qualité est souvent mauvaise, c’est pour ça qu’on s’efforce de conserver les marais, souligne Mme Greene. Les milieux humides sont comme les reins de la planète. L’eau qui y entre en sort en quelque sorte nettoyée.»

Résister aux envahisseurs
Comme d’autres milieux humides en ville, les marais du parc-nature doivent composer avec la présence d’espèces végétales envahissantes comme le phragmite exotique – aussi appelé «roseau commun» – et la toute petite hydrocaride grenouillette.

Le phragmite a la réputation de causer de grands problèmes dans les milieux humides en ville, d’accélérer l’assèchement des marais, de nuire à la richesse et à la diversité des autres espèces et d’être difficile à éliminer.

«Quand il commence à se propager dans un milieu humide, c’est un peu foutu. Il repousse très, très facilement une fois arraché et les travaux pour le contrôler demandent beaucoup de temps et d’efforts», expose l’éducatrice-naturaliste de GUEPE.

«Ça peut changer les marais ici d’ici 10 ans si on n’investit pas pour l’enlever.» -Mélissa Greene

Pour sa part, «l’hydrocaride, quand il est présent en trop grande quantité, peut bloquer la lumière solaire qui entre dans l’eau, ce qui nuit au phytoplancton et aux plantes submergées, des organismes à la base de la chaîne alimentaire», mentionne la biologiste.

Le secteur des marais du parc-nature fait l’objet de travaux de réaménagement depuis l’automne 2015. Dans le cadre de ces travaux, la Ville de Montréal y a planté des espèces végétales indigènes et y a arraché des plantes envahissantes, souligne Mme Greene.

La Ville a également reconstruit un belvédère pour observer la faune d’un des marais.

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