Gracieuseté Deux coureurs de RDP-PAT ont testé cette pratique de ramassage de déchets en courant.

Ramasser des déchets en courant, c’est le principe du plogging, une nouvelle pratique qui fait beaucoup parler d’elle sur les réseaux sociaux. Au point que les organisateurs du demi-marathon de la Pointe-de-l’Île ont décidé d’en proposer une séance en prévision de leur course du mois d’octobre.

Après avoir lu un article consacré à un ultra-marathonien qui ramassait des déchets durant ses courses, Caroline Jean a été séduite par cette nouvelle tendance qui allie écologie et sport. Cette résidente de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles fait partie du comité organisateur du demi-marathon de la Pointe-de-l’Île et a donc suggéré d’intégrer le plogging dans la préparation de l’événement qui aura lieu le 7 octobre prochain. Avec son compagnon Daniel Gadoury, elle a même testé cette pratique lors d’un entraînement dans le parc-nature de la Pointe-aux-Prairies il y a quelques jours.

«Nous avons un beau parc, mais il y avait du ménage à faire. On a vraiment ramassé beaucoup de déchets, c’était impensable, on s’arrêtait à chaque demi-mètre», explique-t-elle.

«On ne fait pas cette activité pour faire un record. On le fait parce qu’on a envie de préserver notre environnement.»
Daniel Gadoury, coureur et adepte du plogging.

En 1h15 de course, le couple a rempli sept gros sacs d’ordures, ainsi que cinq petits.

«Ça a été très valorisant, car en repassant au même endroit, on a constaté le changement. On a la chance d’avoir un bel environnement, c’est un privilège, donc je pense que la moindre des choses quand on voit des déchets, c’est de les ramasser», ajoute Daniel Gadoury.

S’ils ont sacrifié la recherche de performance lors de cet entraînement, les deux coureurs ne regrettent pas leur initiative qui rendra leurs prochaines sorties sportives largement plus agréables.

«C’était dégueu, ce n’était vraiment pas le fun, mais c’est un beau travail et ça nous a permis de nous rendre compte que beaucoup de déchets sont jetés par les gens dans la nature», poursuit Caroline Jean. Cette dernière a d’ailleurs l’intention d’alerter le responsable d’une chaîne de restauration située à proximité du parc-nature, car de nombreux gobelets et emballages de son enseigne ont été retrouvés par le couple.

Un «plogging» collectif
Convaincu par la proposition de Caroline Jean, le comité du demi-marathon de la Pointe-de-l’Île a accepté d’inclure une première séance de plogging dans la préparation de la course. Alors qu’une corvée de nettoyage était déjà prévue le 29 avril au parc des Cageux dans le cadre du mouvement Ensemble pour la propreté de la Ville de Montréal, une séance d’entraînement et de ramassage sera aussi proposée le 12 mai dans le parc-nature de la Pointe-aux-Prairies.

«Nous sommes vraiment contents, car le but de notre organisation est aussi de mettre en valeur les atouts de la rivière des prairies et du parc-nature. C’est inscrit dans notre charte, donc pour nous c’est naturel», se réjouit Neko Likongo, directeur du demi-marathon de la Pointe-de-l’Île.

Ce dernier assure déjà que d’autres séances seront probablement proposées si l’événement attire les coureurs. «Si chacun prend un petit sac et si on en remplit chacun un, alors ce sera réglé», fait valoir Caroline Jean.

Un demi-marathon écolo
Les grandes courses sont souvent critiquées pour leur production de déchets. Bouteilles vides, pelures de fruits ou emballages de barres protéinées jonchent régulièrement la chaussée après ces événements. Afin d’éviter cet écueil, le comité organisateur du deuxième demi-marathon de la Pointe-de-l’Île s’est doté d’un volet écoresponsable en 2018.

En plus de la journée de nettoyage et de sa séance de plogging, des bacs de recyclage seront disposés sur tout le parcours et aucune bouteille à usage unique ne sera distribuée. Par ailleurs, un service de covoiturage sera proposé aux coureurs qui pourront aussi refuser de recevoir un t-shirt de l’événement. Le directeur de course précise que d’autres mesures écolos seront dévoilées dans les prochaines semaines.

L’origine du «plogging»

De la Scandinavie au Canada, le plogging a rapidement traversé l’atlantique. Mis en lumière il y a quelques semaines par des articles et vidéos postés sur des sites spécialisés de course à pied, cette pratique inventée en Suède en 2016 séduit de plus en plus de coureurs à travers le monde. Son nom est issu de la contraction de jogging et plocka upp (ramasser en suédois). Preuve de sa popularité croissante, Global News vient de réaliser un reportage sur le plogging à Vancouver et TVA Nouvelles en a fait de même à Montréal. Par ailleurs pour le Jour de la terre, l’Éco-quartier Saint Michel / François Perrault va aussi proposer sa première course de plogging le 22 avril prochain.

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