Google Maps Plusieurs promoteurs ont proposé des projets qui n’ont jamais abouti pour ce boisé de neuf hectares.

Situé au cœur d’un quartier résidentiel, un terrain boisé pose un problème majeur à l’arrondissement. Cadastre incompatible, propriétaires en désaccord et absence de services rendent impossible le développement de ce secteur.

Ce boisé problématique est situé entre la 48e et la 51e avenue et est bordé par le boulevard Perras et l’avenue Louis-Dessaulles au nord et au sud. Sur ce terrain de neuf hectares, 126 parcelles appartiennent à 77 personnes différentes aux intérêts divergents.

«Ils ne sont pas au même diapason, certains veulent construire, d’autres veulent spéculer, d’autres veulent léguer à leurs enfants. Ce morcellement est l’une des principales problématiques, il y a eu quelques projets ponctuels de promoteurs, mais quand ils ont vu qu’il y avait 77 propriétaires, ils se sont cassé les dents», explique Yann Lessnick, conseiller en planification à la division de l’urbanisme de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles.

«Je suis à l’emploi depuis 2013 et ce dossier est une implication constante pour trouver des solutions, c’est fort complexe.»
Yann Lessnick, conseiller en planification de l’arrondissement.

De plus, le cadastre de ce boisé ne correspond pas au découpage des rues des quartiers environnants.

«Il y a beaucoup trop de rues. Le tracé n’est pas conforme et il faut revoir le modèle de développement de ce terrain-là», pense M. Lessnick.

Construction impossible
S’il est entouré de quartiers résidentiels, ce secteur n’est pas relié aux réseaux d’égouts et d’eau et il est donc impossible d’y développer des logements. Depuis dix ans, Giuseppe Caltagirone espère une avancée de ce dossier pour pouvoir bâtir sur deux terrains qu’il a achetés.

«Je suis un simple citoyen qui veut se construire une maison et je ne peux pas», se désole ce retraité prairivois. Il demande donc à l’arrondissement de lui fournir ces services, ce qui est refusé en raison de la complexité de ce boisé en multipropriété.

«Ça ne peut pas rester tout en junk, c’est plein de chats sauvages et de mouffettes», déplore ce propriétaire.

De plus, selon le règlement de l’administration municipale, ces investissements sont à la charge des propriétaires, mais ne sont pas obligatoirement acceptés.
«Ce n’est pas un droit, c’est un privilège que la municipalité décide quand le timing est bon. Même si les propriétaires veulent payer, la Ville peut décider de ne pas le faire», précise Yann Lessnick.

L’arrondissement n’envisage un développement du secteur que si un remembrement de ce terrain s’opère.

«Qui va assumer les coûts si les propriétaires ne s’entendent pas? Il faut être ouvert à la discussion pour diminuer ce morcellement. Avec ce statu quo, l’arrondissement a les deux mains liées», poursuit le conseiller en planification.

Solution en 2020
L’administration de RDP-PAT se dit même prête à assumer certains investissements dans ce dossier si les nombreux propriétaires parviennent à se mettre d’accord. Des études doivent notamment être menées pour étudier la faune, la couverture végétale ou encore la nature des sols.

«Notre but est de trouver une solution pour arriver à un développement optimal de ce secteur. Ça ne se réglera pas en 2018, mais on étudie plusieurs stratégies à présenter aux propriétaires et on vise 2020 pour avoir des réponses plus précises», conclut M. Lessnick.

Aménagements illégaux

En examinant les images satellites de ce boisé, plusieurs aménagements apparaissent au milieu des arbres. Un chemin a notamment été tracé au cœur de cet espace et plusieurs plantations et jardins semblent avoir été installés.

«La nature a horreur du vide, donc certains citoyens en ont profité, mais tout cela est fait sans autorisation», explique Yann Lessnick, conseiller en planification à la division de l’urbanisme de RDP-PAT.

Si l’arrondissement ferme les yeux en l’absence de stratégie de développement de ce boisé, M. Lessnick affirme que ces aménagements seront démantelés si une solution émerge avec les nombreux propriétaires des 126 parcelles de ce terrain.

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