Ville de Montréal Une unité d’ozonation et une unité de production d’oxygène devraient être installées pour 2018 à la station d’épuration des eaux usées de Montréal, dans l’est de la Ville.

Le maire Coderre a annoncé lundi l’octroi d’un contrat de construction d’une unité d’ozonation de l’eau à l’usine d’épuration dans l’est de l’île.

«Le procédé d’ozonation permettra de réduire de 95% la quantité de bactéries et d’abattre significativement le taux de virus et de produits pharmaceutiques dans le fleuve», a déclaré lundi en conférence de presse, le maire Coderre. Ce dernier était accompagné du ministre québécois des Affaires municipales, Pierre Moreau, qui règle 85% de la facture.

L’usine d’épuration des eaux usées de Montréal est l’une des cinq plus grosses au monde. Elle traite l’équivalent de deux stades olympiques en eaux usées. Le traitement physico-chimique actuellement utilisé permet de retirer les métaux lourds, mais les coliformes fécaux nuisent à la baignade 100km en aval. Quant aux résidus pharmaceutiques (pilule contraceptive, médicaments…), ils seraient en cause dans la féminisation des moules et de certains poissons proche de l’émissaire de rejet.

Le ministre Moreau a indiqué que 50% des eaux usées du Québec seraient ainsi désinfectées, quand l’unité d’ozonation serait en service, avant la fin de l’année 2018.

Si l’opposition officielle se réjouit de cette nouvelle attendue depuis près de 30 ans, elle apporte quand même quelques bémols. «On va octroyer un contrat de 99M$ à un soumissionnaire unique et en tant qu’élu, on n’a reçu les documents le matin du jour du conseil, c’est un peu inquiétant», a déclaré Sylvain Ouellet, élu de Projet Montréal.

Le contrat pour la fabrication de livraison et de mise en service de l’unité d’ozonation a été octroyé à l’entreprise Degrémont, seul soumissionnaire conforme. La firme Xylem qui avait déposé l’offre la plus basse a été écartée pour des raisons techniques complexes. Le rehaussement de niveau hydraulique de la station et le gabarit des bulles n’étaient pas conformes aux spécifications techniques demandées. Elle n’a pas souhaité apporter de commentaire.

En décembre 2012, la ville russe de Saint-Pétersbourg avait annulé un contrat de construction d’une usine d’épuration car Degrémont et son partenaire russe avait été le seul soumissionnaire à répondre aux conditions de l’appel d’offres.

Degrémont est présente depuis plusieurs années dans le projet. Aurait-elle pu influencer l’élaboration du cahier des charges? La Ville répond que non et avance que la Commission sur l’octroi des contrats a évalué le dossier et n’a rien trouvé à y redire. Elle affirme en outre que l’équipe technique à l’interne comprend une douzaine de personnes capables de prendre des décisions sur des bases techniques et scientifiques en toute indépendance.

Reste la question de son utilisation. Le fonctionnement de l’unité d’ozonation coûtera 9M$ par an à la Ville qui a pour l’instant fait le choix de la faire fonctionner de mai à octobre et non pas à l’année. «Ça donne l’impression qu’on se soucie surtout des activités nautiques et moins de la faune qui est là à l’année», conclut M. Ouellet.

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