La décision de l’arrondissement de recourir au privé pour l’épandage d’abrasifs sur les trottoirs fait bondir les cols bleus du secteur. Selon leur conseiller syndical, il s’agit d’un «recul important» dans les droits des travailleurs.

Les contrats octroyés à quatre entreprises différentes en septembre dernier, représentent un montant total de 25 M$. Une somme qui pourrait être diminuée de 7 % si la municipalité faisait affaire avec les cols bleus, selon Pierre-Guy Sylvestre, conseiller syndical des travailleurs.

«Non seulement, ça coûterait moins cher, mais ça serait aussi moins difficile, dit-il. Nous avons assez de gens pour faire le travail, alors nous ne comprenons pas pourquoi l’arrondissement a décidé de faire affaire avec des compagnies privées.»

Rappelons que ces contrats ont été octroyés à la suite du dévoilement de la politique de déneigement du maire Coderre afin de respecter les délais d’exécution au niveau de l’épandage d’abrasifs sur les trottoirs.

Les arrondissements devront dorénavant s’assurer que des abrasifs sont épandus sur les trottoirs dans un délai de 8 h, alors que la moyenne à RDP-PAT était de 11 h.

Une question de volonté politique
M. Sylvestre qui représente les 200 cols bleus de l’arrondissement, accuse Montréal de privilégier l’octroi de contrats au privé, au détriment des cols bleus.

«Est-ce que les arrondissements sont menottés par la ville-centre dans la prise de ce genre de décisions? Nous ne le savons pas, mais nous avons des bonnes raisons de penser que c’est comme ça», signifie le conseiller syndical.

Il ajoute que les cols bleus ont réussi tout de même à garder des bonnes relations avec la mairesse Chantal Rouleau.

«Elle nous a promis une rencontre et nous l’avons eu. Elle a tenu parole, elle nous a écouté. Ce qu’il reste à savoir c’est si on va voir des résultats après ces échanges parce que c’est qui compte dans notre démarche.»

M. Sylvestre indique que les syndiqués souhaitent qu’il y ait un équilibre entre le public et le privé à l’arrondissement.

«Nous ne demandons pas d’avoir 100 % des tâches, nous savons que c’est impossible, mais présentement ce n’est pas acceptable. Nous avons perdu les trottoirs et c’est vu comme un recul important pour nos gens, alors nous ne voulons pas perdre d’autres territoires», dit le conseiller.

Le privé appelé «au besoin»
Du côté de l’arrondissement, on indique qu’il est impossible pour le moment de préciser si les opérations d’épandage d’abrasifs coûteraient moins cher si elles étaient effectuées par les cols bleus, selon Claudine Marchand, chargée de communication à l’arrondissement.

Elle confirme qu’une rencontre entre les cols bleus et la mairesse a eu lieu le 25 septembre dernier.

«C’est dans un esprit d’ouverture que la rencontre s’est tenue en vue d’évaluer les possibilités de partage éventuel», dit-elle.

D’autres contrats sont encore à octroyer. Il est toutefois encore difficile de préciser la répartition exacte du travail puisque les entreprises privées seront appelées à travailler «au besoin» afin de respecter les nouveaux délais de la politique Coderre.

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