Samantha Velandia/TC Media Luc Falardeau, membre de la Coalition Vigilance Oléoduc et Martin Archambault, fondateur du groupe citoyen Oléoduc Laval en amont.

Alors que le pétrole provenant des provinces de l’ouest canadien commence à couler à Montréal, des citoyens et des groupes environnementalistes interpellent la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île (CSPÎ) concernant les risques potentiels à la sécurité des écoles du secteur. Les autorités scolaires et les entreprises de transport pétrolier répondent que les enfants ne sont pas en danger.

Présentement, deux pipelines se trouvent à proximité de six écoles de la CSPÎ. Un autre projet de canalisation près d’une école à Rivière-des-Prairies devrait voir le jour d’ici 2020.

Martin Archambault, fondateur du groupe citoyen Oléoduc Laval en amont (OLÉA), se questionne sur les plans d’urgence des écoles se trouvant le long de pipelines de l’est de Montréal.

«Ces pipelines existent pourtant depuis plus de 40 ans et plus de 5 000 élèves fréquentent ces établissements. Nous voulons savoir ce que la CSPÎ compte faire pour assurer la sécurité des élèves, du personnel et de notre environnement?»

M. Archambault qui s’est adressé au président Miville Boudreault lors de la dernière séance du conseil des commissaires, a également demandé à ce dernier de prendre position par rapport aux différents projets pétroliers ayant lieu dans son territoire.

Geneviève Puskas, agente de recherche et de mobilisation chez Équiterre, s’inquiète pour sa part de la «vétusté» de plusieurs pipelines construits près des écoles du secteur.

«Ce sont des pipelines qui sont là depuis longtemps. Le pétrole non conventionnel acheminé par la ligne 9B d’Enbridge est un pétrole plus lourd auquel on doit ajouter des diluants inflammables dont certains sont cancérigènes. C’est inquiétant pour la santé de tous ceux qui sont proches des pipelines en question», dit-elle.

«Nous avons un plan d’urgence», dit la CSPÎ
Du côté de la CSPÎ on indique qu’un plan d’urgence existe et qu’il est mis à jour régulièrement.

«Ce n’est pas un secret que plusieurs de nos établissement se trouvent près d’une zone industrielle. Nous le savons et nous faisons tout ce que nous pouvons pour préserver la sécurité de nos élèves. Ce plan est connu des intervenants qui ont à le connaître et il sera appliqué en cas de besoin, même si nous savons que les risques sont très minimes», signale M. Boudreault.

Des pipelines sécuritaires
Enbridge signale que son pipeline est sécuritaire et qu’il est surveillé de façon continue afin de minimiser les risques.

«Un pipeline, c’est comme une maison, il peut être vieux, mais si on l’entretient comme il faut, il est très sécuritaire. Nous avons fait des nombreuses vérifications, des excavations préventives et des tests hydrostatiques avant de remettre le pipeline en marche alors nous savons qu’il est très sécuritaire», explique Éric Prud’Homme, porte-parole de la compagnie albertaine.

Il rappelle qu’Enbridge a une feuille de route impeccable en ce qui concerne les incidents à Montréal.

«C’est déplorable qu’on cible les enfants dans ce dossier. Si jamais une fuite ou un déversement se produisait, il ne s’agirait pas d’un enjeu de sécurité pour les vies humaines, mais plutôt un enjeu environnemental. Il ne faut pas alarmer les parents ni les enseignants sans raison, les risques sont très minimes et nous nous assurons que tout est sous contrôle.»

TransCanada indique de son côté que la compagnie est en pourparlers avec la ville afin de refaire le tracé du futur pipeline Énergie-Est à Montréal.

«Présentement il est sensé passer par des endroits populeux et il y a peu d’acceptabilité de la part de la communauté. Malgré le fait que notre pipeline sera très sécuritaire, nous comprenons leurs préoccupations et c’est pour cette raison que nous allons essayer de le dévier», indique Tim Duboyce de TransCanada.

Au moment d’écrire ces lignes, Trans-Nord n’avait toujours pas retourné nos appels. Des informations publiées sur le site Web de la compagnie indiquent toutefois que le pipeline qui relie Montréal, à la municipalité d’Oakville en Ontario transporte quotidiennement une moyenne de 27 500m3, l’équivalent d’environ 172 900 barils, de produits pétroliers raffinés.

Oléoducs traversant ou qui pourraient traverser le territoire de la CSPÎ

École Proche d’une canalisation
Adélard-Desrosiers Trans-Nord
Henri-Bourassa Trans-Nord
Jules-Verne Trans-Nord
Le Carignan Trans-Nord
Jean-Grou Trans-Nord
Simone-Desjardins Enbridge – 9B
La Passerelle TransCanada – Futur oléoduc Énergie-Est

 

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