Collaboration spéciale Une quinzaine de jumelages se sont formés grâce à ce projet pilote.

Lancé au début de l’été dans le but de briser l’isolement des aînées, le programme intitulé «L’âge des b’Elles découvertes» remporte un tel succès que le Centre des femmes de Rivière-des-Prairies, à l’origine de ce projet pilote, envisage de rééditer l’expérience.

Isabelle Rivard semble ravie. Près de six mois après le lancement d’un projet pilote ayant pour objectif de sortir les aînées de leur domicile, avec l’aide de nombreuses bénévoles, «un beau succès» est au rendez-vous.

«On a réussi à briser des cycles d’isolement, à créer des liens de confiance, à convaincre des aînées de quitter leur appartement et à prendre soin d’elles. C’est extraordinaire», clame l’heureuse coordinatrice du projet «L’âge des b’Elles découvertes», également agente de mobilisation au Centre des femmes de Rivière-des-Prairies.

Un projet qui a doublé de volume
Débuté avec huit bénévoles, «toutes des personnes de plus de 50 ans, mais actives, qui aiment sortir, aller au théâtre ou à la bibliothèque», chargées chacune de prendre en main une aînée, ce projet a finalement doublé de volume.

Avec près d’une quinzaine de jumelages, le programme s’est adapté pour répondre aux demandes des intéressées. «Au départ, nous pensions à une rencontre d’une heure, chaque semaine. Mais finalement, c’est parfois une rencontre par mois, qui dure toute la journée, ou encore des appels par téléphone et des sorties régulières», explique Isabelle Rivard.

«Être seule dans son coin, c’est terrible»
Repas au restaurant, balades dans un parc, commissions, exercices sportifs, activités de loisirs à deux ou en groupe: les expériences communes s’avèrent multiples et variées.

«Être seule dans son coin, je l’ai déjà vécu, c’est terrible, confie Graziella Santin, 69 ans, l’une des bénévoles de ce projet. En vieillissant, les enfants viennent moins souvent, des amis sont malades ou décédés, et il est très important de se rapprocher.»

Alors qu’Isabelle Rivard ne souhaite pas que son projet soit «une charge ou une contrainte pour les volontaires», cette ancienne serveuse en restauration, qui a pris en charge une aînée de 85 ans, assure que cette expérience lui a également été bénéfique.

«Oui, ma venue lui fait plaisir, mais pour moi aussi, c’est important. Ça me donne une satisfaction, mais ça me pousse aussi à sortir. C’est donnant-donnant», ajoute Graziella Santin, appuyée par une autre participante, ravie d’accompagner une aînée de 89 ans.

«Elle me dit que je suis la seule personne qu’elle peut voir en dehors de sa famille, indique Andrée Jubinville. Ça lui fait du bien, mais moi aussi, j’apprends à découvrir du monde, le quartier ou des organismes.»

Prévu jusqu’au printemps 2017, ce projet devrait se poursuivre. Tel est la volonté d’Isabelle Rivard qui refuse de s’arrêter en si bon chemin. «Ce programme, ce n’est qu’un coup de pouce pour amorcer une prise de conscience collective. Ça me tient à coeur, affirme-t-elle. Il faut que l’on se soucie des uns des autres. Des gens qui vivent un isolement social, il y en a tout le temps. Il faut vraiment prendre soin de ses amis et de ses voisins.»

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