De nombreuses mesures ont été prises et les choses se sont améliorées depuis une hausse de délinquance juvénile observée l’année dernière dans Rivière-des-Prairies, confirme le poste de quartier (PDQ 45 du Service de police de Montréal.

«Ç’a été assez efficace et maintenant, il y a une paix et ça va pas mal mieux aussi avec les étudiants de l’École Jean-Grou», commente l’agent sociocommunautaire Normand Séguin.

Au printemps 2016, le PDQ 45 a fait état de la hausse. Afin d’avoir une meilleure idée de la problématique, l’arrondissement a commandé l’exécution d’un Diagnostic local de sécurité sur la délinquance jeunesse. Le rapport révèle entre autres que la criminalité dans le secteur a augmenté d’environ 10% entre 2015 et 2016.


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Mais tout cela a changé. Il y aurait moins d’incivilités, moins d’introductions par effraction et moins de vols à l’étalage cette année.

«Toutes les incivilités qu’il y avait envers les employés des différents commerces, que ce soit le Dollarama, le McDonalds, le IGA, le dépanneur, ça s’est amélioré».

Afin de maîtriser la hausse, les policiers ont mené des patrouilles en certains endroits, tandis que des agents de la Société de transport de Montréal ont suivi et «vidé» des autobus.

En plus, des intervants d’Équipe RDP se sont rendus dans des commerces, agissant «comme grands frères» auprès des jeunes, «rassurant» les commerçants et agissant comme agents facilitateurs entre les deux.

Par ailleurs, la Maison des jeunes de Rivière-des-Prairies a commencé à accueillir des jeunes durant l’heure du midi. Parallèlement, l’École Jean-Grou a réduit de 15 minutes le temps de dîner.

Trouver les causes
Il est important de comprendre ce qui peut mener des jeunes vers la délinquance, rappellent l’agent sociocommunautaire Normand Séguin et la coordonnatrice d’un organisme communautaire famille.

«On sort un jeune de la bibliothèque parce qu’il est arrogant, impoli […], mais en rencontrant des jeunes sur place […], je réalisais que pour eux, c’étaient leur salon», explique M. Séguin.

«Quand on parle de problème fondamental, c’est que ces jeunes n’ont pas de salon chez eux et en ont trouvé un à la bibliothèque, où il y a des jeux vidéo, des amis, des livres et une grande télé HD.»
– Normand Séguin

Au fil de ses interventions, l’agent a fini par voir les conditions dans lesquelles certains vivent. Il atteste de facteurs de risque dont parle le Diagnostic local de sécurité sur la délinquance jeunesse.

Il évoque, entre autres, un manque d’espace personnel et de socialisation, manque que des jeunes tentent de combler à la bibliothèque, au McDonalds ou ailleurs.

«Il y a des poches de pauvreté, des gens qui en arrachent. Des mères monoparentales avec deux emplois. Des parents qui travaillent, mais ne gagnent pas beaucoup ou qui bénéficient de l’aide sociale. Qui vivent avec quatre enfants dans un 5 et demie, où les aires communents servent à toute la famille. C’est pas nécessairement propice pour étudier avant un examen, faire un travail de recherche, écouter de la musique, ou inviter des amis», explique-t-il.

Lorraine Doucet, du Centre de promotion communautaire Le Phare, insiste sur la nécessité de développer les aptitudes sociales des jeunes, comme le fait son organisme.

Les incivilités sont normales à l’adolescence, mais il est possible d’apprendre à bien se conduire, à s’exprimer, à respecter les autres et l’environnement, souligne-t-elle.

«Ça s’apprend avec des adultes qui prennent soin de nous quand on est jeunes. Nous travaillons là-dessus chaque année avec nos jeunes et quand on fait des sorties avec eux, les gens nous disent à quel point ils sont polis», affirme Mme Doucet.

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