Le long du boulevard Gouin, le patrimoine prairivois regorge de morceaux d’histoire du nord-est de l’île de Montréal. Du régime français à l’émergence de la maison canadienne, L’Informateur vous présente un itinéraire des maisons historiques des bords de la rivière des Prairies en compagnie de Stéphane Tessier, interprète en patrimoine et passionné de ce territoire.

La maison Christin-Dit-Saint-Amour
Ce parcours patrimonial démarre dans la pointe de l’île avec la maison Christin-Dit-Saint-Amour. Bâtie vers 1732, cette propriété privée en pierre est entretenue par des propriétaires dévoués qui ont su préserver les particularités du régime français.

«Son intérêt est architectural. C’est une très belle restauration qui a toutes les caractéristiques du bâtiment français. Elle est bâtie à ras du sol et la toiture cesse aux murs, ce qui n’était pas adapté à notre climat, raconte Stéphane Tessier. La disposition des fenêtres est intéressante puisque c’est asymétrique. C’est aussi un indice que ça date du régime français.»

Cette maison classée au patrimoine est l’une des plus anciennes de l’Est montréalais.

Maison Christin-Dit-Saint-Amour : 12930 boulevard Gouin Est.

L’ancienne auberge du village
Le cœur de l’ancien village de Rivière-des-Prairies est un lieu incontournable de ce parcours patrimonial. Parmi les nombreuses maisons à admirer dans ce secteur, Stéphane Tessier retient le secteur de l’ancienne auberge située au coin de la 69e avenue.

«Cela rappelle la place centrale du village, car juste en face il y avait des anciens commerces comme le boucher ou le bureau de poste. Quand les gens allaient à la messe, ils allaient faire leurs emplettes», explique l’interprète en patrimoine.

Lieu fréquenté par les cageux qui transportaient le bois sur la rivière, l’auberge de RDP aurait accueilli à quelques reprises le légendaire Jos Montferrand. Cet homme fort se distinguait notamment en marquant le plafond des établissements où il passait d’un coup du talon de ses bottines cloutées. Le plafond de la maison située au coin de la 69e avenue porterait encore les stigmates du passage de ce colosse québécois.

Stéphane Tessier recommande également d’admirer les maisons de la 69e avenue et notamment les anciens bâtiments de ferme qui sont encore debout dans plusieurs jardins.

Ancienne auberge de RDP : Au coin du boulevard Gouin Est et de la 69e avenue.

L’Église Saint-Joseph
Avec son clocher qui domine la rivière, l’Église Saint-Joseph est l’un des symboles les plus visibles du secteur patrimonial de l’ancien village. De style gothique avec un seul clocher, cet édifice a vu le jour en 1875 à partir des plans de Victor Bourgeau.

«C’est l’un des plus célèbres architectes institutionnels québécois. C’est lui qui a fait l’intérieur de la Basilique Notre-Dame de Montréal, l’église Saint-Pierre-Apôtre, la Cathédrale Marie-Reine-du-Monde ou encore l’Église Sainte-Rose de Lima à Laval», énumère Stéphane Tessier.

C’est dans ce secteur où se trouvent aussi le presbytère et le parc que fût érigée la première paroisse Saint-Joseph de Rivière-des-Prairies en 1687, prémices de la naissance du village au début du 18e siècle.

Église Saint-Joseph de RDP : 10050 boulevard Gouin Est.

La maison Pierre-Chartrand
La maison Pierre-Chartrand (ou maison du Bon temps) est un lieu bien connu dans le quartier RDP. Utilisée par l’arrondissement comme un lieu culturel, elle a vu le jour au milieu du 18e siècle et est dans un excellent état de conservation. Si ce parcours patrimonial a débuté avec un site typique du régime français, cette étape témoigne de l’affirmation d’un style plus adapté au climat québécois.

«C’est l’accomplissement de l’évolution vers la maison canadienne. On laisse le bois pour la pierre, la maison est surélevée, le toit est avancé et il y a une galerie», raconte Stéphane Tessier.

Les deux portes de cet édifice patrimonial évoquent aussi la «donation» qui se pratiquait dans les campagnes, ce qui était alors le cas du nord de Montréal.

«Cela permettait à un vieux couple de donner sa maison à un jeune couple. On rajoutait une porte pour séparer la maison et pour permettre au vieux couple de finir ses jours dans la demeure. C’était aussi une manière d’avoir un revenu, car les jeunes payaient une rente, souvent en nature», précise ce passionné de patrimoine.

En route vers cette maison qui se trouve dans l’ouest de l’arrondissement, Stéphane Tessier conseille aussi d’admirer les anciennes bâtisses en pierre comme les maisons Paul-Desjardins ou Pierre Cadieux situées entre les 63e et 53e avenues.

Maison Pierre-Chartrand : 8000 boulevard Gouin Est.

Les maisons de la famille Pépin
Au nombre de quatre, les maisons de la famille Pépin sont les derniers lieux d’intérêt jusqu’à la frontière ouest de l’arrondissement. Les propriétés en bois de Paul-Pépin et Pierre-Pépin situées au 8250 et 7830 Gouin dévoilent un charme architectural indéniable avec leurs galeries et leurs décors architecturaux. Celles de Jean-Baptiste-Pépin et Émeril-Pépin construites en pierre et situées au 7555 et 7110 Gouin se rapprochent plus du style français.

La famille Pépin a été une famille bâtisseuse de RDP puisque Joseph Pépin, fils de Jean-Baptiste, a eu 14 enfants, dont Pierre qui construisit la maison située au 7830 Gouin.

Elles sont toutes entretenues par des propriétaires privés hormis la maison Émeril-Pépin qui appartient à la Ville de Montréal.

Maisons Pépin : 7110, 7555, 7830 et 8250 boulevard Gouin Est.

Pour aller plus loin
La Société historique de Rivière-des-Prairies a établi un parcours patrimonial que vous pouvez suivre dans le quartier. Cet itinéraire reprend les éléments proposés dans cet article et y ajoute d’autres lieux d’intérêt. Pour le découvrir, rendez-vous sur le site societe-historique-rdp.org/parcours-patrimonial/.

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