Gracieuseté Certains propriétaires ayant stationné leur véhicule sur le boulevard Maurice-Duplessis aux heures réservées aux bus ont découvert une amende sur leur pare-brise.

Alors que certains élus réclamaient une suspension temporaire du projet de voie réservée aux bus sur Maurice-Duplessis, les premières contraventions ont malgré tout été distribuées aux automobilistes stationnant sur le boulevard.

À chaque semaine son nouvel épisode sur Maurice-Duplessis. Des contraventions à hauteur de 149$ ont été reçues ce matin par les automobilistes stationnant sur la voie la plus proche du trottoir sur le côté nord du boulevard, qui est réservée aux autobus, vélos et taxis le matin entre 6h30 et 9h00.

«Plusieurs locataires m’ont signalé qu’ils avaient découvert des amendes plaquées sur leur pare-brise, précise Nicola Ialenti, l’un des citoyens s’opposant à ce projet de voie dédiée. Ces locataires n’ont pas accès aux stationnements privés des propriétaires, et il n’y a pas d’autres stationnements à proximité. De ce fait, ils sont contraints de stationner sur la voie réservée.»

Une signalisation est pourtant en mise place depuis le 2 octobre, informant les riverains de la nouvelle réglementation applicable, à savoir l’interdiction de stationner sur Maurice Duplessis à des heures spécifiques, où seuls les bus, vélos et taxis peuvent y circuler.

«Oui, la signalisation est présente depuis une semaine, et je suis pour qu’on la respecte, admet M. Ialenti. Mais les locataires ont sans doute stationné sur la voie réservée pensant que c’était toléré, car la semaine passée, les policiers n’ont verbalisé personne.»

Du côté de l’arrondissement, on explique que cette absence de verbalisation est commune à toute nouvelle réglementation.

«C’est la coutume en la matière, il y a toujours une semaine de transition où les forces de police ne mettent pas de contravention, explique Suzanne Décarie, mairesse suppléante de l’arrondissement Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles. Cela permet aux gens de s’habituer à la nouvelle réglementation. Mais passée cette semaine, il faut respecter les nouvelles règles.»

Ces contraventions passent mal du côté des résidents, qui estiment toujours que ce projet est inutile et contraignant, notamment sur la question du stationnement. La pilule est encore plus difficile à digérer aux vues de la motion déposée par deux élus de l’arrondissement, promettant la suspension temporaire de ce projet de voie réservée.

«J’ai déposé cette motion, maintenant je ne peux qu’attendre, car politiquement, je n’ai pas d’armes supplémentaires, se défend Giovanni Rapanà, conseiller de la Ville pour l’arrondissement RDP-PAT, à l’initiative de cette motion. Les citoyens doivent désormais s’adresser à la mairesse suppléante, Suzanne Décarie.»

Désaccord chez les élus de l’arrondissement

De son côté, Suzanne Décarie explique prendre très au sérieux les préoccupations des riverains.

«J’ai fait tout mon possible, j’essaie de répondre à tout ce qui a été demandé au conseil par les citoyens, soutient-elle. J’ai demandé à la STM de mener rapidement une étude d’impact de la voie réservée sur le stationnement.»

L’objectif de cette étude est d’évaluer la capacité d’absorption des rues transversales. La mairesse suppléante explique que si l’étude démontre que la voie réservée pose un réel souci de stationnement, les relâchements demandés par les citoyens seront créés. Les résultats sont attendus au maximum d’ici un mois, un délai trop long selon Giovanni Rapanà.

«Ce n’est pas ce qui était demandé, affirme le conseiller de la Ville. J’avais demandé à la mairesse suppléante de réunir un conseil d’arrondissement extraordinaire afin d’adopter cette suspension immédiatement, chose qui n’a pas été faite. Suzanne Décarie doit écouter les citoyens.»

La réponse de la principale intéressée n’a pas tardé à arriver.

«Je n’ai pas les pouvoirs de faire passer cette motion, car le projet est piloté par la STM et a été approuvé par tous les élus, Giovanni Rapanà y compris, affirme Suzanne Décarie. J’ai l’impression que M. Rapanà attise la colère des citoyens plutôt que de concentrer ses efforts à chercher une solution au problème. Il faut arrêter de faire de la politique avec ce sujet.»

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