La création d’une association de commerçants sur le boulevard Maurice-Duplessis, à l’image de celle qui existe dans le Vieux-Pointe-aux-Trembles, est une idée qui est populaire parmi les entrepreneurs et qui pourrait faire son chemin.

L’idée de créer une association de commerçants, ou une société de développement commerciale, avait été évoquée lors de la récente campagne électorale à la mairie d’arrondissement. Or, Manuel Guedes, le candidat qui en avait fait un engagement, a été défait.

L’Informateur s’est donc rendu chez plusieurs commerçants du secteur pour mesurer leur niveau d’intérêt pour un tel projet.

Chez ces gens d’affaires, les constats sont quasi unanimes. Le boulevard n’est pas exploité à son plein potentiel; le quartier souffre d’un déficit d’image; la concertation entre les commerçants n’est pas assez développée; les évènements fédérateurs ne sont pas assez nombreux; les requêtes envers les pouvoirs publics ne sont pas suffisamment entendues.

Pour ces raisons, l’idée de créer un regroupement de commerçants sous quelque forme que ce soit, est accueillie avec un certain enthousiasme.

Michele d’Amico, qui tient la boutique de vêtements et chaussures de sport Zone, estime qu’une telle structure ouvrirait de nouvelles perspectives pour le commerce de détail.

«Améliorer les relations entre les commerçants qui pourraient échanger sur les modèles d’affaires, ça créerait un esprit de quartier qui n’existe pas assez ici», explique-t-il.

Ce constat est partagé par Alessandro Dalfino, du magasin de vêtements et de produits pour la maison Casa Dynasty, qui regrette l’absence d’une véritable communauté commerçante sur le boulevard.

«C’est important de pouvoir se parler, explique-t-il, de créer une stimulation avec des échanges, des évènements.»

Ce manque de collégialité nuit, aux yeux de Michele D’Amico, aux commerces de proximité du secteur, qui peinent à rivaliser avec les grandes bannières plus imposantes, plus visibles et mieux identifiées.

«Les gens se déplacent dans les centres pour certains produits, jusqu’aux Galeries d’Anjou, par exemple, alors que ces produits sont disponibles près de chez eux. Mais ils n’y pensent pas ou ont trop l’habitude de faire de même», dit-il.

Un souci de représentation

La possibilité d’entretenir une relation plus étroite avec les pouvoirs publics est également alléchante.

«Pendant trente ans, nous avons eu un poteau devant la boutique. Nous avions demandé plusieurs fois son retrait, pendant des années, et il a fallu un accident pour que les choses changent», relate Alessandro Dalfino, qui trouve qu’il est «difficile de se faire entendre» dans les conditions actuelles.

«Maurice-Duplessis en particulier, et Rivière-des-Prairies en général, ne sont pas assez représentés. Ça se voit, il n’y a pas assez d’activité», juge quant à lui Jean Michel, patron de l’épicerie Marché Antillais.

«Rona a fermé, et il n’y a plus de quincaillerie. La population augmente, et elle a besoin d’un commerce comme celui-là», poursuit-il.

Marie, Fleuriste à la boutique Monte-Carlo, pense aussi qu’une telle structure permettrait de mieux encadrer les ventes de trottoir «sauvages», individuelles, et réalisées sans véritable cadre légal.

«Avoir une association, c’est toujours bon, mais il faut maintenir des garde-fous pour éviter les arrangements et que cela ne profite qu’à quelques-uns», estime-t-elle aussi.

Malgré l’enthousiasme perceptible pour une telle initiative, quelques commerçants demeurent indécis sur le sujet, comme Tonia Caporicci, Fleuriste de la boutique Casa Flore. Cette dernière juge que «c’est correct comme c’est en ce moment» et qu’il n’y a pas matière à changer les choses.

Cette position fait tiquer Jean Michel, du Marché Antillais, qui estime qu’on «ne peut pas connaître les bienfaits d’une initiative avant de l’avoir essayée». Il considère cependant qu’une éventuelle association «ne doit pas servir qu’à parler» et attend donc qu’elle agisse réellement et concrètement au bénéfice de ses membres et de la communauté.

Une idée accueillie favorablement à la mairie

Bien que ce ne fut pas l’un de ses engagement électoraux, Caroline Bourgeois, nouvelle mairesse de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles, se dit «extrêmement favorable» à l’idée de créer une association des commerçants pour le boulevard Maurice-Duplessis.

«L’important dans ce type d’initiative est d’avoir l’adhésion des commerçants et leur collaboration», explique-t-elle.

«Il y a aussi eu ce genre de volonté de la part des citoyens, et c’est un élément important à prendre en compte», ajoute la mairesse.

Pour mener à bien cet éventuel projet, Caroline Bourgeois se dit d’ailleurs ouverte à rencontrer et échanger avec les commerçants.

Peu de données chiffrées sont disponibles au sujet de l’artère et de son potentiel mais, selon le commissaire au développement économique de l’arrondissement, Karim Elfilali, le boulevard Maurice-Duplessis compte entre 100 et 150 commerçants.

Une association leur permettrait notamment de mettre en place des activités de réseautage et d’échanges sur les problématiques liées au commerce de proximité, mais aussi d’organiser des activités commerciales pour la communauté.

Cette forme de regroupement a le vent en poupe ces derniers temps puisque, outre l’association du Vieux-Pointe-aux-Trembles créée en 2015, les rues Hochelaga et des Ormaux se sont dotées d’une telle structure en octobre dernier, dans l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve. Plus facile à créer et ne nécessitant aucune cotisation obligatoire, au contraire d’une Société de Développement Commercial (SDC), l’association a donc obtenu les faveurs des commerçants.

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