Les professionnels derrière « les Kriks » voudraient bien que le jeu de société puisse s’exporter à l’extérieur de l’Hôpital Rivière-des-Prairies. (Photo : Isabelle Bergeron)
En l’an 3000, la communauté des Kriks est menacée par des envahisseurs, qui leur ont soutiré toutes leurs ressources. Seule une brigade de sentinelles n’a pas été affectée. Pour cette raison, elle devra protéger son peuple contre cette ingérence.

Cette mise en situation est à quelques mots près celle qui est suggérée dans le guide du jeu de société Les Kriks : le jeu des ressources. Ce dernier a été conçu par des intervenants de l’Hôpital Rivière-des-Prairies (HRDP), une institution spécialisée en pédopsychiatrie. Il vise à aider les jeunes patients de l’établissement à se familiariser avec les ressources d’aide qui sont à leur disposition dans leur quotidien.

Cette planche de jeu, vaguement inspirée de celle du classique Monopoly, reprend les couleurs criardes de vert, de rose et de bleu qui caractérisent le monde fictif des Kriks. En plus des cartes à jouer, qui représentent les différentes ressources réelles (comme les psychologues, la police, les amis, etc., qui sont tous à la disposition des jeunes en difficulté) utilisées dans une partie régulière, ce passe-temps « psychoéducatif » est composé de pions, d’un sablier et d’un dé.

Le but du jeu est de relever, avec l’aide de ces cartes ressources, tous les défis qui viennent entraver la progression des joueurs vers la forteresse des Kriks, rendue inaccessible par les envahisseurs.

Un prétexte pour parler

Une vingtaine d’experts de différents domaines ont donné leur avis sur le jeu. « On ne l’a pas évalué scientifiquement », admet le psychologue et professeur d’université Réal Labelle, mais il semble avoir un impact positif sur les jeunes qui y prennent part.

C’est Sylvie Bourdon, une éducatrice spécialisée à l’HRDP, qui a conçu une première mouture du jeu il y a une dizaine d’années. Elle voulait au départ aider de façon ludique les jeunes à trouver des ressources dans leur milieu.

Elle estime que sa création a très tôt remporté un vif succès. Avec la commercialisation du jeu, elle a intégré aux ressources extérieures disponibles les ressources personnelles de chaque joueur. En d’autres termes, celui-ci doit, pour relever un défi, faire appel autant aux autres qu’à lui-même

Pour M. Labelle, le jeu est essentiellement un prétexte pour faire parler les jeunes qui y jouent. Ceux-ci peuvent être aux prises avec des troubles anxieux, des idées suicidaires, des dépressions ou des problèmes psychotiques, donne-t-il en exemple.

« Dans le fond, c’est un prétexte pour les amener à parler », ajoute-il.

« Les jeunes retiennent les ressources externes », mentionne Mme Bourdon, d’accord avec l’analyse que fait son confrère de l’HRDP. « Ils pensent à des ressources quand ils arrivent à un défi. On remarque qu’ils retiennent la façon de procéder. »

Un jeu pour tous

Même si le jeu a été créé dans un contexte médical, il ne s’adresse pas qu’aux jeunes qui ont des problèmes psychologiques ou psychiatriques.

Au contraire, ses créateurs voudraient faire connaître Les Kriks aux organismes jeunesse, aux centres jeunesse et aux écoles, notamment.

En fait, tous les jeunes de 12 à 17 ans peuvent y trouver leur compte, estiment-ils.

Après tout, souligne Mme Bourdon, le jeu peut s’adapter à ses joueurs, qui peuvent ajouter aux cartes existantes de nouvelles ressources ou de nouveaux défis.

D’ailleurs, quand M. Labelle joue, il compare l’ambiance de jeu à un feu de camp, où tout le monde se sent bien et s’ouvre aux autres.

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