Le parc-nature du Ruisseau-De Montigny comprend essentiellement un ruisseau et un sentier qui le suit. Ce dernier est d’une longueur de 3,3 km (entre les boulevards Henri-Bourassa et Gouin). (Photo : Isabelle Bergeron)
Qui pense parc-nature pense parc-nature de la Pointe-aux-Prairies. Chaque année, cent mille visiteurs parcourent cette forêt de 261 hectares (ha) située à cheval sur Pointe-aux-Trembles et Rivière-des-Prairies (RDP). La plupart de ces visiteurs ne semblent toutefois pas soupçonner l’existence du parc-nature du Ruisseau-De Montigny, qui étonne tellement peu d’usagers foulent ses sentiers. Ce parc, d’une superficie de 31 ha, est situé de part et d’autre du boulevard Maurice-Duplessis, entre l’autoroute 25 à l’est et l’Hôpital Rivière-des-Prairies et le cégep Marie-Victorin à l’ouest.

Pourtant, le ruisseau De Montigny a une existence bien antérieure à l’urbanisation de Rivière-des-Prairies. Le ruisseau servait probablement à l’irrigation des champs autour de lui et sa forêt de terre à bois.

Au cours des années, ce terrain linéaire a aussi servi de dépôt pour toutes sortes de déchets domestiques ou industriels. Avant de pouvoir ouvrir ce parc au grand public, en 2005, plusieurs corvées de nettoyage ont été effectuées, autant dans les boisés que dans le lit du cours d’eau.

Ce travail est d’ailleurs répété année après année, car il est difficile de contrôler les allées et venues et de sévir contre les pollueurs. Encore aujourd’hui, l’eau du ruisseau est de piètre qualité. Cela est surtout attribuable à sa source, le bassin d’Anjou, où on a noté par le passé que l’eau issue de mauvais raccordements entre les égouts sanitaire et pluvial s’y déversait.

Lors du passage de l’Informateur, les bancs et les plateaux des tables à pique-nique avaient disparu. « Le vandalisme, c’est un gros problème. C’est un peu reculé, c’est facile », admet Andrée Turenne, conseillère en aménagement à la Direction des grands parcs et du verdissement.

L’entretien demeure assez simple, ajoute-t-elle. Le sentier de gravier suivant le ruisseau ne demande pas beaucoup de soins.

« L’ossature du parc, c’est le sentier, c’est le principal attrait », dit-elle. Avec les années, on a créé un parc qui est viable écologiquement.

Un parc de « détente »

Bien que simple, le sentier est assez large pour recevoir les cyclistes et les randonneurs. « C’est un parc de détente », mentionne Mme Turenne, dont une bonne partie des usagers proviennent des garderies avoisinantes et des tours de résidences pour personnes âgées ayant pignon sur rue sur le boulevard Gouin.

Le sentier est aussi parcouru l’hiver, en raquettes ou en ski de fond. L’observation des animaux se fait quant à elle en toute saison, alors qu’on y dénombre, selon elle, plus de 80 espèces d’oiseaux, de même que plusieurs mammifères comme des renards, des marmottes, des lièvres ou des castors—qui créent parfois des embâcles sur le ruisseau. Même la couleuvre brune, un reptile menacé d’extinction, y a élu domicile.

Il n’y a pas encore de programmation d’animation, mais déjà des groupes d’étudiants peuvent venir y observer la flore—les érables, les peupliers, les frênes rouges, etc.—ou y étudier les fossiles figés dans la roche.

L’élément le plus unique demeure toutefois le ruisseau en soi, qui coule en cascades à maints endroits.

« Plan concept »

La Ville de Montréal a dévoilé en janvier 2011 un « plan concept » afin de faire du ruisseau De Montigny et du territoire naturel qui le borde un milieu protégé.

L’écoterritoire de la coulée verte du ruisseau De Montigny s’étendra du ruisseau aux îles Lapierre, Boutin, Rochon et Gagné, dans la rivière des Prairies.

En voulant protéger cette zone, la Ville veut faire en sorte de préserver sa biodiversité et faciliter les liens entre les différentes parties du parc.

Concrètement, on veut limiter les aménagements autres que des sentiers et préserver l’intégrité naturelle des îles de la rivière des Prairies, faciliter l’accès aux berges entre le boulevard Gouin et la rivière, bâtir un chalet d’accueil sur ce même boulevard, aménager des sentiers qui donneront notamment une meilleure vue sur le ruisseau de même que créer des passerelles entre les buttes—qui bordent l’autoroute—de chaque côté des boulevard Perras et Maurice-Duplessis.

« C’est une vue de ce qu’aura l’air le parc dans 10 ans, 15 ans », prévient Mme Turenne. Beaucoup d’eau a encore le temps de couler dans le ruisseau De Montigny.

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