Après avoir été critiqué pour la mauvaise visibilité de ses panneaux et pour exiger des frais d’administration de 5 $ aux usagers qui n’ont pas d’abonnement, Concession A25 est encore dans la tourmente : plusieurs factures auraient été envoyées à des propriétaires de voitures qui n’ont jamais emprunté le pont de l’autoroute 25.

Gérald Côté habite la ville de Québec. En février, il a reçu une lettre par la poste. C’était une facture que le gestionnaire du pont de l’autoroute 25 lui envoyait. On lui réclamait 6,80 $, soit 1,80 $ pour le péage et 5 $ en frais administratifs. Or, M. Côté proclame haut et fort qu’il n’a jamais emprunté ce pont depuis son inauguration, en mai dernier.

« Le problème, c’est que j’ai jamais été là, à Laval, je n’ai jamais passé de ma vie sur l’autoroute 25, affirme-t-il. Je n’étais même au courant qu’il y avait un pont à péage à Laval. »

Son passage daterait du 4 février, à 17 h 01 précisément. « Moi, à 16 h 30, je commandais une pizza ici. Je mangeais avec mon frère et ma famille, dit-il. J’ai un bon alibi. »

M. Côté a communiqué avec l’entreprise pour contester cette facture, mais dans une lettre qui lui a été renvoyée, Concession A25 maintient sa position.

En outre, la voiture identifiée comme lui appartenant ne sort jamais de la capitale. « Ce véhicule-là [une Dodge Caravan], je ne le sors jamais de Québec. On fait juste des petites distances avec. »

La photo prise par les caméras de surveillance du pont qui permettent à l’entreprise d’identifier les passants qui n’ont pas de transpondeur (une vignette électronique que les abonnés fixent dans leur pare-brise) n’est pas lisible. M. Côté en a d’ailleurs fait parvenir une copie à l’Informateur. Cette photo, incluse avec la facture, est la seule preuve dont dispose l’entreprise pour collecter le péage.

« Si j’avais eu une photo claire de ma plaque, là j’aurais pu dire que j’ai un problème, qu’il y a quelqu’un qui a une deuxième plaque et qui se promène. »

Un problème possible, mais rare

Pierre Brien, le directeur des communications de Concession A25, ne nie pas qu’il puisse y avoir des erreurs de facturation. Comme cela peut être le cas pour ceux dont la plaque d’immatriculation a été dérobée ou falsifiée.

« Ce n’est pas impossible que quelqu’un qui circule avec une fausse plaque, ce qu’on appelle le phénomène des plaques coupées ou les gens qui se sont patentés une plaque, etc., ça peut arriver, et je ne dis pas que ce n’est jamais arrivé. »

Il peut s’agir aussi tout simplement d’une mauvaise lecture de plaque par un préposé. « Ça, il peut y avoir trois ou quatre cas par jour », évalue M. Brien. Dans ce cas, la personne qui se sent lésée peut communiquer avec l’entreprise.

« Le taux de fiabilité du système, il est très, très haut, juge-t-il. [Mais] s’il y a un doute, et qu’on n’est pas capable de prouver que c’est vous, on va rejeter la transaction. »

Sauf que M. Côté a déjà contacté l’entreprise, qui a rejeté sa version des faits. « Le problème, c’est que si je veux le contester, il faut que je me déplace à Montréal, dit-il. C’est 80 $ de gaz. »

« Je trouve ça aberrant, désespère-t-il. Si personne ne fait rien et tout le monde paye, ça n’avancera pas ce dossier-là. »

Il n’empêche que si M. Côté ne paye pas rapidement sa facture, il pourrait recevoir une amende. « Dans les prochaines semaines, on va commencer à émettre les rappels par courrier recommandé qui donnent une dernière chance de paiement, et après ça, c’est l’étape suivante, qui est un rapport transmis au ministère de la Justice, qui, lui, émet un constat d’infraction », prévient M. Brien.

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