Rivière-des-Prairies est réputé être un quartier montréalais où les chantiers de construction résidentielle pullulent. Cela fait souvent en sorte que les jeunes arbres (de petite taille) offrent un faible taux de canopée. Sur la photo, la rue Sylvia-Daoust, dans le nouveau quartier résidentiel du projet Le Valencia. (Photo : Patrick Deschamps)
Adopté en juin dernier, le Plan d’action canopée 2012-2021 vise à faire passer l’indice de canopée (le couvert arborescent) sur l’île de Montréal de 20 % à 25 % d’ici 2025. Des 300 000 arbres qui devront être plantés pour atteindre cet objectif dans les 19 arrondissements montréalais et les autres municipalités de l’île, environ 30 000 devront l’être dans l’arrondissement Rivière-des-Prairies—Pointe-aux-Trembles (RDP-PAT), et ce, principalement sur des domaines résidentiels et industriels.

C’est à partir de l’indice de canopée (voir encadré) de l’île de Montréal, qui a été évalué à 20,3 % exactement à l’aide de photographies aériennes prises en 2007, qu’une étude a établi en 2011 qu’une hausse de cinq points de pourcentage était nécessaire. Cela équivaut à planter en 10 ans autant d’arbres (300 000) que pourraient en contenir 65 parcs La Fontaine.

« Les arbres rafraîchissent et assainissent l’air, luttant ainsi contre certaines maladies, interceptent les eaux de ruissellement, diminuant du coup les risques de saturation des canalisations d’égout, reporte la minéralisation du territoire et donnent une plus-value aux propriétés », rappellent les auteurs du Plan d’action.

« Où sont les îlots de chaleur, il y a absence de végétation. Ce n’est pas compliqué », affirme de son côté Daniel Desjardins, chef de la division arboriculture à la Direction des grands parcs et du verdissement de la Ville de Montréal.

Divers partenariats

Une première phase de plantation de 200 000 arbres devrait avoir lieu de 2012 à 2017. Elle sera suivie d’une deuxième phase de plantation de 100 000 arbres de 2018 à 2021. Cette dernière phase devrait aussi permettre aux responsables du Plan de réévaluer les objectifs au besoin.

Cette partie ne devrait pas s’avérer trop difficile pour Montréal et les autres villes de l’île. « On voit qu’après le verglas de 1998, les arrondissements ont planté beaucoup, raconte M. Desjardins. De 700 à 800 arbres par saison. Et là c’est à peu près ce que l’on demande. »

Les autres arbres (180 000) seront plantés sur des terrains privés, résidentiels, commerciaux ou industriels, ou institutionnels. La Ville de Montréal a confié la tâche de sensibiliser au Plan d’action les acteurs privés et institutionnels à la Société de verdissement du Montréal Métropolitain (SOVERDI), un organisme à but non lucratif. D’autres pourraient venir épauler la SOVERDI dans son mandat.

Pour M. Desjardins, cette deuxième partie sera plus ardue que la première. « Ce qui est ambitieux, c’est la partie sur le domaine privé. Ce n’est pas simple. Il faut mobiliser, dit-il. On va voir en 2013 comment ça va se traduire. Pour l’instant, sur le domaine public, on part tout de suite. »

Il est à noter que les 300 000 arbres incluent ceux qu’auraient plantés la Ville et les municipalités de l’île sans ce plan décennal.

La Ville-centre assure qu’elle financera environ le tiers (98 000) des arbres plantés. Les autres municipalités de l’île s’engagent quant à elles à financer 22 000 arbres.

RDP-PAT : Un arrondissement moyen

Les efforts devront être notables dans l’arrondissement RDP-PAT, assure M. Desjardins. L’étude du territoire a démontré que l’arrondissement se classait neuvième sur 19 quant à son indice de canopée de 18 %, deux points de pourcentage sous la moyenne insulaire. RDP-PAT se classe même au 20e rang sur 34 lorsqu’on ajoute les municipalités au palmarès.

« Il y a beaucoup de maisons neuves et il y a eu beaucoup, beaucoup de constructions dans les dernières années, affirme M. Desjardins. Le programme de plantation de la Ville [régulier] n’a pas suffi, je pense, à rencontrer l’accélération qu’il y a eu dans le domaine résidentiel. »

Comme l’indique l’étude de 2011, le « secteur résidentiel de RDP-PAT occupe plus du tiers du territoire, mais contient seulement 28 % de la canopée de l’arrondissement. Les indices de canopée pour tous les types de milieux résidentiels sont préoccupants, puisqu’ils oscillent entre 11 % et 15 %. »

D’ailleurs, 20 000 arbres sur les 30 650 projetés dans l’arrondissement devront être plantés sur le domaine privé résidentiel.

L’autre objectif sera de convaincre les industriels de boiser davantage leurs propriétés, souvent de grandes sources d’îlots de chaleur. « Le secteur industriel occupe 13 % du territoire, mais comporte moins de 2 % de la canopée. L’indice cible pour les quartiers industriels est de 15 %, est-il écrit dans l’étude. Un partenariat avec les entreprises privées est une avenue à explorer. »

Toujours sur les 30 650 arbres qui seront plantés d’ici 2021, 8350 le seront sur le domaine industriel.

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