De Inuits faisant partie du programme Exploration et Intégration – Inuit, au cégep Marie-Victorin, plus tôt dans l’année. (Photo : gracieuseté)
Chaque année, une trentaine d’étudiants étrangers s’inscrivent à des programmes de formation préuniversitaire ou technique au cégep Marie-Victorin. Ce nombre exclut toutefois la poignée de jeunes Inuits qui descendent au Sud pour suivre une formation de niveau collégial adaptée. Bien qu’ils habitent le Québec depuis toujours, le choc culturel qu’ils subissent en arrivant à Montréal est incalculable.

Ce programme, issu d’un partenariat entre le cégep et la commission scolaire Kativik, offrait dès 1991 des cours « à la carte » aux Inuits diplômés du niveau secondaire et désireux d’entreprendre des études supérieures.

À partir de 1995, un cursus officiel a vu le jour. Encore aujourd’hui, il remplace par des cours adaptés aux Inuits la formation générale que tout étudiant du cégep doit suivre.

Il s’agit de cours de français, de culture inuite, d’inuktitut (la langue des Inuits), de méthodologie et d’informatique.

Comme ce cursus s’étend sur deux années scolaires, les étudiants ont l’opportunité de s’intégrer à un programme d’enseignement régulier et d’obtenir, au bout du processus, un diplôme d’études collégiales.

« On a eu de tout. On a eu des diplômés en graphisme, en travail social, en sciences humaines, en arts », mentionne Michel Pruneau, conseiller pédagogique et responsable du programme Exploration et Intégration – Inuit.

De nombreuses difficultés

De 10 à 15 jeunes s’inscrivent chaque année dans ce programme, dont les coûts sont entièrement assumés par la commission scolaire Kativik. Deux conseillers employés par celle-ci, qui travaillent à plein temps sur le campus du cégep, font la tournée des villages où des jeunes passent un test avant d’être acceptés.

Mais même avec beaucoup de volonté, il arrive qu’un peu plus de la moitié d’entre eux abandonnent le programme en cours de route. « Il y a beaucoup de tentation, comme la présence de l’alcool », indique M. Pruneau, qui doit aussi gérer les nombreux problèmes psychosociaux que les Inuits trainent avec eux.

« C’est difficile pour eux de partir du Nunavik et de faire une formation totalement ailleurs. La valeur des études, c’est pas quelque chose qui est ancré depuis longtemps chez eux. »

Malgré les quelques défections enregistrées, le programme ne demeure pas moins très utile à ceux qui en suivent une partie.

« Indépendamment de la réussite ou pas des cours, on se concentre sur ce qu’ils vont apprendre », admet M. Pruneau, qui fait remarquer que les professeurs sont très dévoués et très patients avec leurs étudiants. « Même ceux qui ne terminent pas leurs études ont de bonnes opportunités d’emploi. »

« Le ministère a reconnu que c’est une valeur importante pour que les Inuits aient accès aux études collégiales et qu’ils puissent développer des habiletés », dit-il. Le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport reconnaît officiellement le programme depuis 2007.

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