PACOPHOTO.CA Le cinéaste Roger Boisrond, ravi de l’accueil chaleureux dont a bénéficié son film. (Photo : Patrick Deschamps)
La communauté haïtienne est bien présente à Rivière-des-Prairies. Elle s’est d’ailleurs déplacée en grand nombre pour assister à la première prairivoise du film documentaire Sak Pase? Au cœur de la communauté haïtienne, de Roger Boisrond, le jeudi 23 février. Le réalisateur natif du quartier en a d’ailleurs profité pour recueillir les commentaires du public après la projection.

Le documentaire, présenté en partenariat avec la maison de la culture et le Centre de la famille haïtienne de Rivière-des-Prairies (CFHIRDP), fait partie des nombreux événements à avoir ponctué le Mois de l’histoire des Noirs dans le quartier.

Il vise à illustrer l’apport de la communauté haïtienne à la société québécoise au cours des dernières décennies.

Une riche discussion

Après la projection du film, qui a duré environ 46 minutes, M. Boisrond s’est avancé devant la foule compacte réunie au centre récréatif. « Ça me rend très fier de pouvoir le faire dans mon quartier à Rivière-des-Prairies », a-t-il lancé devant un public composé majoritairement de Haïtiens. L’homme était visiblement content de l’accueil chaleureux dont a bénéficié son œuvre.

Lyoydee Chrispin, coordonnatrice au CFHIRDP, a ensuite pris la parole pour animer une discussion autour de l’héritage culturel des Haïtiens d’ici.

« Est-ce qu’il y en a qui parlent un créole francisé comme moi? », a demandé Mme Chrispin aux plus jeunes de la salle. Certains ont levé la main, tandis que d’autres sont allés vers l’avant afin de s’adresser à la foule.

« Pour un jeune qui est né ici, qui voudrait s’installer en Haïti […], qu’est-ce qu’il devrait faire? », s’est interrogé un jeune homme après avoir saisi le microphone.

Il doit y aller avec une femme pour passer pour marié. Mais de toute façon, les gens là-bas n’aiment pas trop les diasporas, a répondu non sans humeur une dame en créole.

« On la ressent cette nostalgie, mais tu es quand même né ici », a ajouté un autre jeune homme en référence au thème du retour vers le pays natal abordé dans le film. « Ici, on apprend seulement l’histoire du Québec. » Celui-ci a dû se documenter seul pour en apprendre un peu plus sur l’histoire du pays.

« C’est une expérience. Vous allez revenir transformé », a indiqué à la fin de la discussion M. Boisrond, qui a encouragé les jeunes à s’y rendre.

« L’un de mes grands rêves, s’est-il pour sa part confié, c’est de retourner en Afrique aller voir mes racines. »

L’apport des Haïtiens

Un précédent film réalisé en 1986, intitulé simplement Sak Pase?, constitue l’amorce de la réflexion que poursuit M. Boisrond dans ce second opus.

Comme l’a indiqué le réalisateur dans une première entrevue publiée dans l’Informateur, le nouveau Sak Pase? est divisé en trois volets.

La première partie traite de l’intégration de la communauté haïtienne dans la communauté québécoise. La deuxième, comme le soulignait justement le cinéaste lors de son dernier entretien avec le journal, « parle de la contribution de la communauté haïtienne à la société québécoise qui est devenue moderne ». Enfin, la troisième s’intitule « Haïti, le rêve du retour », et aborde la nostalgie que la diaspora haïtienne ressent pour sa terre d’origine.

M. Boisrond s’est amusé à recueillir le témoignage de professionnels ou d’artistes engagés dans leur milieu qui ont significativement marqué le paysage et la culture québécois.

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