« Un, deux, trois et quatre », peut-on entendre à peine a-t-on franchi le seuil de la porte de l’école primaire East Hill, sur le boulevard Perras. Même si elle accueille de petits anglophones, l’école a choisi l’immersion française comme modèle d’intégration à la société francophone. Et selon la directrice de l’école, Myrianne Lusignan, elle-même une francophone, ça marche.

Dès leur arrivée à la maternelle, les écoliers sont obligés de s’exprimer en français dans la classe. Que ce soit pour jouer avec ses camarades ou pour demander quelque chose à son enseignante, tout doit se dérouler dans la langue de Réjean Ducharme.

« En français SVP! », entend-on dans l’une de ces classes de maternelle. « Ils vont apprendre les lettres de l’alphabet, les chiffres en français, dit Mme Lusignan. C’est sûr que, naturellement, au début, ils veulent parler en anglais, mais il y a plusieurs trucs pour les encourager. » Il peut s’agir notamment de récompenses comme des autocollants ou des macarons.

Même si certaines phrases françaises sont mâtinées d’anglais, l’intégration se fait assez rapidement. « Ils apprennent à comprendre vite, vite, vite, parce qu’ils sont en immersion, jure-t-elle. L’enseignant fait presque semblant de ne pas parler anglais. »

Cette immersion intégrale est appliquée jusqu’en deuxième année. Ensuite, de la troisième année à la sixième année, seules les mathématiques et l’éthique sont enseignées en anglais. Les autres matières, qui incluent même l’éducation physique, sont offertes en français.

« Même les enfants qui ont certains problèmes d’apprentissage, on les voit aussi bien réussir », lance-t-elle pour se faire rassurante. Aucun écolier, donc, ne pâtit de cette façon de faire.

« Il y en a même, quand ils sortent, qui vont au secondaire en français langue maternelle, indique-t-elle. C’est très recherché [pour des parents] de dire que leurs enfants vont dans des écoles d’immersion. »

Les parents en raffolent

Les parents des écoliers d’East Hill sont, au dire de Mme Lusignan, ravis par le programme qu’offre l’école. « Tous les parents veulent du français », soutient-elle.

En plus d’apprendre l’autre langue, il s’agit aussi d’un moyen de connaître la culture dominante au Québec.

« Quand on fait des sorties, on les fait en français, raconte la directrice, qui est aussi une ancienne enseignante de français. Si on fait venir une pièce de théâtre, on essaie de l’avoir dans les deux langues. »

Le soutien est aussi assuré de chaque côté. Ainsi, des enseignants francophones et anglophones vont participer à chaque rencontre de parents afin d’assurer le suivi scolaire le plus complet.

Ce modèle est tellement populaire, selon Mme Lusignan, qu’une liste d’attente recueille les noms de ceux qui veulent s’inscrire. « Chaque année, il y a des gens qui dorment dehors parce qu’ils veulent l’immersion », raconte-t-elle le plus sérieusement. Mais la priorité, comme école de quartier, revient aux enfants du secteur.

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