Marie-Pier Gagné / TC Media Déchets au parc Samuel-Morse.

Trous profonds, gazon mal entretenu et déchets nombreux, plusieurs terrains de soccer de Rivière-des-Prairies ressemblent à des «champs de patates», selon le directeur du club de soccer local, qui demande à l’arrondissement de remédier à la situation avant qu’un joueur se blesse.

Bruno Di Spirito, le président du Club de soccer Rivière-des-Prairies (CSRDP), ne mâche pas ses mots lorsqu’il décrit les terrains de soccer de l’arrondissement.

«Certains terrains ressemblent carrément à des champs de patates, dit-il. C’est épouvantable. Il y a vraiment un relâchement de la part de l’arrondissement et de la Ville. On reçoit souvent des plaintes de la part des parents. Des parties doivent même parfois être remises, en raison du mauvais état des terrains»

Pietro Acquas, entraîneur d’une équipe du CSRDP, abonde dans le même sens que le président.

«Ce sont les pires terrains de la Ville. Il n’y a pas de gazon et quand il y en a, il n’est pas entretenu. Plusieurs terrains n’ont même pas de lignes», désespère-t-il.

Tournée désolante
L’Informateur s’est rendu dans trois parcs utilisés régulièrement par le CSRDP, association qui rassemble près de 1200 joueurs de 4 à 18 ans, afin de constater l’état des terrains de soccer.

Au parc Dollard-Morin, situé à l’angle du boulevard Maurice-Duplessis et de la rue la Valinière, le gazon était mal entretenu. En plus des nombreux pissenlits, plusieurs recoins du terrain étaient dépourvus de pelouse, complètement couverts de sable.

Des jeunes joueurs, rencontrés sur place par hasard, ne se sont pas gênés pour critiquer leur espace de jeu.

«On vient ici juste parce que c’est proche de chez nous, parce que croyez-moi qu’on irait ailleurs si on pouvait. La qualité du terrain est affreuse. C’est dégueulasse», a mentionné un adolescent.

Le parc Samuel-Morse, au coin des avenues André-Ampère et André-Dumas, a aussi été visité. Une quantité impressionnante de déchets juchaient le sol. Une cinquantaine de bouteilles d’eau ont d’ailleurs été comptées.

Et finalement, le terrain situé tout juste derrière l’école Michelangelo, était parsemé de trous. Le terrain, composé à moitié de gazon synthétique de gazon naturel, ne semblait pas avoir été entretenu depuis plusieurs semaines.

Dangereux pour les jeunes?
Indigné, l’entraîneur au CSRDP déplore l’état des choses.

«Il y a des terrains qui sont carrément dangereux pour les enfants, a-t-il souligné. Ils sont plein de trous. On ne peut pas dire aux jeunes de surveiller où ils mettent les pieds quand ils courent, ça ne fait aucun sens. En plus de faire notre travail de bénévole, on doit aussi faire un peu celui de la Ville en signalant les correctifs à apporter. Ce n’est pas normal.»

Pas d’améliorations
Selon M. Acquas, la situation perdure depuis quatre ou cinq ans et même si l’arrondissement dit qu’elle va s’occuper du dossier, rien n’est fait.

«On leur a souvent mentionné que ça n’avait pas de bon sens. Chaque fois, on nous a dit qu’un suivi sera fait, mais on ne remarque pas d’améliorations. Ça commence à urger», mentionne l’entraîneur.

L’homme affirme du même souffle que son club de soccer est souvent la cible de moqueries, de la part d’équipes adverses.

«Quand nous allons en tournoi à l’extérieur ou quand d’autres équipes viennent jouer ici, on entend toujours les mêmes farces plates sur l’état de nos terrains. C’est fatigant.»

M. Acquas reconnaît toutefois qu’il y a certains bons terrains, mais que ce sont ceux avec une surface synthétique, comme au parc René-Masson.

200 000$ par année
Interrogée à ce sujet, l’arrondissement a confirmé avoir souvent reçu des plaintes concernant l’état des terrains de soccer.

«Les terrains de soccer sont une priorité pour nous», affirme Julie Favreau, chargée de communications à l’arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles.

Selon elle, près de 200 000$ sont dépensés annuellement pour l’entretien des terrains de soccer.

«La vidange des poubelles est réalisée entre trois et quatre fois par semaine sur les terrains sportifs. La tonte des terrains sportifs est réalisée une fois par semaine, ceci durant toute la période d’activité.»

Selon la chargée de communications, il est toutefois possible que le gazon soit plus long autour des terrains sportifs, la tonte de ces espaces faisant partie d’un autre parcours dont la fréquence est moins élevée.

«En ce qui concerne la présence de pissenlits, c’est possible, puisque l’usage de pesticides est interdit pour contrôler ces mauvaises herbes», conclut-elle.

D’ici peu, l’arrondissement a comme objectif de faire le point sur l’état de la situation et d’émettre des recommandations quant aux travaux à réaliser, selon les priorités qui auront été identifiées.

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