Photo TC Media - Jean-Marc Gilbert Malgré son handicap, Livia Beaulieu escalade avec une grande facilité un des modules de jeux du parc Alexis-Carrel.

Elle fait du vélo, elle adore jouer au parc avec son frère et se fait facilement des nouveaux amis à l’école. Livia Beaulieu, huit ans, de Rivière-des-Prairies, a une vie tout à fait typique d’une fillette de son âge, même si elle n’a qu’une seule main.

Livia est née sans main gauche. Les parents l’ont su dès l’échographie de 20 semaines. «Ça a été difficile. C’est éprouvant, comme parent, parce que c’est de l’inconnu. C’est donc toujours inquiétant au départ», raconte la mère de la fillette, Lyndia Beaulieu.

Pour s’assurer que Livia puisse avoir le plus d’aide possible pour bien vivre dans sa condition, ses parents l’ont inscrite au programme les Vainqueurs, de l’Association des amputés de guerre.

Elle a participé, au fil des ans, à plusieurs séminaires organisés par l’association (voir autre texte).

L’organisation a aussi aidé financièrement les parents de Livia, Martin Gaboury et Lyndia Beaulieu, pour faciliter la vie de la fillette.

Par exemple, les Amputés de guerre ont offert une adaptation du guidon du vélo de Livia, pour qu’elle puisse le contrôler avec sa main manquante, indique M. Gaboury.

Pas de main artificielle
Les parents de Livia lui ont déjà demandé si elle voulait une main artificielle, mais elle a refusé. Elle juge qu’elle n’en a pas besoin pour l’instant. «Je préfère me montrer au naturel, sans ma main», dit-elle.

Son handicap est loin de l’empêcher de pratiquer certaines activités. Depuis l’âge de quatre ans, elle fait du patinage artistique.

Pour ce qui est des tâches quotidiennes, comme lacer ses souliers ou monter attacher un manteau, par exemple, Livia a développé ses propres techniques, grâce à sa débrouillardise.

Si elle change d’idée à l’adolescence et qu’elle souhaite avoir une main artificielle, ne serait-ce que pour une question d’apparence, Mme Beaulieu et M. Gaboury assurent qu’ils seront à l’écoute des besoins de leur fille.

Entrée à l’école
À partir de l’âge de quatre ans, les enfants de son âge ont commencé à questionner Livia au sujet de sa main gauche.

«Quand on me demandait pourquoi j’avais une main comme ça, je leur répondais que je suis née comme ça», explique la fillette candidement.

Elle ajoute ne pas apprécier lorsque des camarades de classe plus curieux regardent sa main avec insistance, mais dit n’avoir jamais été victime de mauvaises plaisanteries.

Les parents de Livia se demandaient comment allait se passer son entrée à l’école, mais ont été soulagés de constater qu’à l’école alternative l’Albatros, à Anjou, le respect est une priorité.

«C’est vraiment une grande force de l’école. Il n’y a eu aucun problème avec les autres enfants lorsqu’elle a fait son entrée à l’école. C’est surtout avec certains adultes que j’ai eu des mauvaises expériences», relate la mère de la jeune fille.

Le père est lui aussi heureux de voir que tout se déroule bien avec ses camarades de classe.

«Au départ, on a surtout peur du regard des autres. C’est plus cet aspect-là qui m’inquiétait.»

Même si ce n’est pas avant quelques années encore, les parents espèrent que son arrivée à l’école secondaire se fera en douceur et qu’elle n’aura pas à endurer de moqueries de la part de d’autres jeunes.

Des séminaires appréciés

Depuis son plus jeune âge, Livia est inscrite au programme Les Vainqueurs et a participé à de nombreux séminaires rassemblant des jeunes amputés des quatre coins de la province. La famille Beaulieu-Gaboury apprécie cette opportunité de rencontrer des gens qui vivent avec la même réalité.

Livia s’est fait des amis lors de ces séminaires, dont Sophie, une fillette de Saint-Lazare, qu’elle connaît depuis l’âge de trois ans.

Elle et ses parents ont participé au dernier séminaire, du 24 au 26 avril. «J’aime ça aller à la piscine et m’amuser dans les salles de jeux», dit la fillette.

Pendant que les enfants s’amusent, les parents ont l’occasion d’échanger entre eux.

«Les séminaires sont très bénéfiques. Lorsque nous sommes inquiets, les autres nous sécurisent. Ça nous a beaucoup aidés, dans les débuts», confie M. Gaboury.

Séances d’information
Les membres du programme, qui participent aux séminaires, ont la possibilité d’assister à plusieurs séances d’information.

«Il y a différentes séances au sujet des prothèses, dépendamment si le jeune est amputé d’un membre supérieur ou inférieur», indique Kevin Lamy, responsable des communications à l’Association des amputés de guerre.

D’autres conférences s’adressent aussi aux préadolescents et aux adolescents, dont une au sujet de l’intimidation et des taquineries que les enfants amputés peuvent vivre, à l’école.

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