Emmanuel Delacour/TC Media Charles-Édouard Gauthier pose avec une photo prise en 1941 à la sortie de son service militaire à Sherbrooke.

Un résident de La Petite-Patrie célèbre son centième anniversaire le 29 août prochain. Charles-Édouard Gauthier raconte son histoire.

Dans sa maison située sur la rue de Saint-Vallier, M. Gauthier feuillette des albums photos. Mariages, voyages de chasse, service militaire, le doyen du quartier se remémore une vie bien remplie.

«On a déménagé ici en 1979, après avoir loué un appartement pendant cinq ans sur la rue Beaubien. Le loyer était rendu trop cher, alors on a décidé d’acheter une maison», raconte M. Gauthier.

Né en 1916 à Ste-Anne-Des-Plaines, l’homme qui a connu la venue de la télévision, du transistor et de l’internet se souvient de sa vie avant d’arriver à Montréal. «J’avais mon magasin, Ameublements Gauthier, et on était les premiers à faire la vente et la réparation des télévisions à Ste-Anne. C’est moi qui installais les antennes. J’en ai grimpé des toits!» lance-t-il à la blague.

Son patronyme appartient à une famille célèbre de Ste-Anne-Des-Plaines. Rosario Gauthier, un des frères de Charles-Édouard, fut un important généalogiste québécois. Un autre de leur frère, Jean-Baptiste Gauthier, siégea de 1961 à 1969 en tant que maire de leur village natal. Encore aujourd’hui, sur un des murs de la demeure de M. Gauthier on peut retracer les origines de sa famille dans un arbre généalogique fièrement affiché.

Une vie active
Le secret de longévité du centenaire est simple. «C’est en travaillant, en s’occupant qu’on reste en forme», révèle presque laconiquement M. Gauthier.

L’idée semble trop simple, mais il en est la preuve incarnée. Dès sa plus tendre jeunesse, Charles-Édouard Gauthier passera son temps à bouger. Tout d’abord dans les champs de fraise de la ferme familiale, puis dans leur érablière. Plus tard, après avoir fait son service militaire à la base de Sherbrooke, celui-ci part dans un campement de foresterie à Clova.

«On était payé quatre piastres et demie à la corde de bois, pis si on arrivait à en faire cent, là on était payé cinq piastres la corde. On travaillait à la « bucksaw »(scie à bûches), parce que souvent les scies à chaînes brisaient et c’était trop long d’attendre pour les pièces», se souvient-il.

La solitude et les couchettes en branches d’épinettes ne semblaient pas trop l’importuner, car pendant plusieurs années, M. Gauthier s’en est retourné dans le bois, avec ses amis de chasse. Dans son salon, l’imposant panache d’un orignal est encore accroché, comme en guise d’avertissement aux autres bêtes du coin.

Charles-Édouard Gauthier n’arpente plus les sentiers du nord fusil à l’épaule, mais il se garde encore occupé. Grâce aux services de son CLSC du coin, de l’organisme l’Entre Gens et de l’aide de la famille de son neveu, Daniel Gascon, qui réside à l’étage, l’aîné garde son entrain.

«J’écoute de la musique. Le Western j’hais pas ça. Puis grâce au miracle de la télévision satellite, je visionne des reprises des Soirées Canadiennes, mon émission préférée», dit Charles-Édouard Gauthier, résident centenaire de Rosemont.

Les aînés de plus en plus nombreux
M. Gauthier fait partie d’une tranche de la population qui se fait rare, mais qui s’accroît dans Rosemont–La Petite-Patrie.

Les trois derniers recensements de Statistique Canada (2001, 2006, 2011) révèlent une légère augmentation des personnes âgées de plus de 85 ans dans l’arrondissement. En 2001 ils étaient 2430 soit 1,9% de la population totale de Rosemont–La Petite-Patrie, puis ils sont 2635 en 2006, et enfin 3055 soit 2,2% de la population totale en 2011.

Il est à noter que les octogénaires du sexe masculin sont plus rares que leurs comparses féminines. En 2011, ils étaient 805 hommes de plus de 85 ans sur le territoire de l’arrondissement, contre 2250 femmes. De ceux-ci, seulement cinq hommes avaient passé le cap des cent ans, alors que vingt-cinq femmes étaient centenaires.

En 2011 on recensait à Montréal 16 272 personnes âgées de plus de 90 ans. Parmi elles, 4157 étaient des hommes et 12 115 étaient des femmes.

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