Archives TC Media Le Cinéma Beaubien célèbre son quinzième anniversaire cette année.

Depuis 15 ans déjà le Cinéma Beaubien nage à contre-courant dans l’univers du show-business en offrant une expérience unique aux cinéphiles.

«Lorsque mon équipe et moi avons pris la tête du cinéma en 2001, il s’agissait du dernier petit établissement du genre à Montréal», raconte Mario Fortin, président-directeur général du Cinéma Beaubien, qui célébrait mardi 20 septembre le 15e anniversaire de l’entreprise.

Au départ, les auspices ne présageaient rien de bon. La fréquentation des lieux s’élevait à 30 000 personnes par année et les gros complexes multisalles régnaient dans la métropole et en banlieue.

«Nous avions deux salles, une grande de 570 places et une plus petite, qui comprenait 90 sièges. Puisqu’il était difficile de remplir la plus grande, nous l’avons divisé en deux. Au fil des ans nous avons éventuellement réussi à passer à cinq salles au total et à rapidement attirer plus de 225 000 personnes par année», souligne M. Fortin.

Un chantier de trois ans fut nécessaire pour remettre à neuf l’édifice fondé en 1937, qui autrefois logeait le cinéma Dauphine.

Outre la modernisation des lieux, c’est grâce à sa programmation incomparable que l’établissement a réussi à se démarquer, selon son PDG.

«Rire seul dans son salon devant sa télévision ne sera jamais la même chose que de rire avec une centaine de personnes dans une salle de cinéma. Cette expérience-là, elle ne se paie pas sur Netflix.»

-Mario Fortin, PDG du Cinéma Beaubien

«Nous sommes allés chercher des films d’ici, de France et à l’étranger, le plus souvent en français. Puisqu’il est impossible de les voir ailleurs, cela oblige les gens à revenir ici. Ça nous permet de fidéliser notre clientèle», explique M. Fortin.

L’idée du cinéma de quartier, tel qu’on les connaissait avant la venue des gros complexes, est un peu révolue. Les salles du Beaubien attirent plus de 15 % de son auditoire à l’extérieur de l’île de Montréal, selon M. Fortin.
Bien entendu, une bonne partie des résidents aiment encore s’y rendre, car près 25 % de la clientèle provient de Rosemont – La Petite-Patrie, et plus de 40% habitent les arrondissements limitrophes. Le reste des cinéphiles, soit 10 à 15 % vivent ailleurs à Montréal.

Quel avenir pour le cinéma?
Les vidéocassettes, DVD et Blu-ray viennent et partent et la consommation à la carte pour les services télévisuels et sur Internet prend de l’ampleur, mais où se trouve la place des petits cinémas dans toute cette trame?

«Pendant longtemps les DVD et les clubs vidéo faisaient partie de la chaîne de création, cela représentait d’importants revenus. Nous sommes heureux d’avoir survécu à tout cela et d’être encore là en tant que cinéma, mais la disparition de ce modèle de distribution ne nous fait pas rire. Est-ce que le nouveau modèle pourra fonctionner? Cela reste à voir», réfléchit M. Fortin.

Toutefois, celui-ci reste assuré que l’expérience sociale qu’est le visionnement d’un film dans une salle de cinéma ne pourra pas facilement être remplacée.

«L’homme est un animal de meute. Il est fait pour vivre ensemble et il aime se faire raconter des histoires autour du feu par le chef du village. Rire seul dans son salon devant sa télévision ne sera jamais la même chose que de rire avec une centaine de personnes. Quand les gens sortent leur « kleenex » pour essuyer leurs larmes, ça a un effet d’entraînement, tout le monde sort ses mouchoirs. Cette expérience-là, elle ne se paie pas sur Netflix», insiste le PDG du Cinéma Beaubien.

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