Archives TC Media Le calcaire tiré du sol de Rosemont – La Petite-Patrie a servi à la construction de bâtiments historiques à Montréal.

Saviez-vous que c’est à même le sol de l’arrondissement que s’est construit le centre-ville de Montréal? Il s’agit du genre de révélation qui sera bientôt exposée par une conférencière experte en la matière.

La doctorante Isabelle Caron présentera le 15 mars prochain «Adieu pierre grise, bonjour espace vert» à la Société d’histoire de Rosemont–La Petite-Patrie.

Celle-ci s’est intéressée au début des années 2000 à l’histoire du calcaire extrait des différentes carrières montréalaises à la fin du 19e et au début du 20e siècle dans le cadre de ses recherches de doctorat en histoire de l’art.

«À l’époque, le gouvernement songeait à installer le CHUM près du métro Rosemont. C’est dans ce cadre que nous avons porté une réflexion sur l’influence qu’avaient les carrières sur le paysage urbain à Montréal», explique Mme Caron.

Cette pierre grise était considérée à l’époque comme étant un matériau noble, très prisé par les bâtisseurs des premiers gratte-ciel de la métropole. La basilique Notre-Dame a d’ailleurs été construite à partir de pierres extraites de la carrière Martineau, dans Rosemont–La Petite-Patrie.

Plusieurs exploitants ont ouvert des chantiers d’exploitation dans l’arrondissement, d’où l’appellation de la rue des Carrières, qui se trouvait à proximité.

«Plusieurs ont voulu donner des lettres de noblesse à cette belle pierre grise et y associaient un certain prestige», raconte la chercheuse.

Toutefois, au début des années 1900, les filons ont commencé à s’épuiser et l’on a privilégié de plus en plus la pierre artificielle et le béton, tous deux beaucoup moins coûteux.

«Les gros blocs de pierre grise demandent une certaine expertise, contrairement au béton, on s’est donc tourné vers cet autre matériau. Aujourd’hui, la pierre est associée au côté historique de Montréal, les firmes d’architectes qui veulent faire du nouveau et se démarquer évitent donc ce matériau », affirme Mme Caron.

Les trous béants laissés à l’abandon seront parfois transformés en dépotoirs, puis en espaces verts, comme ce fut le cas pour la carrière Martineau, aujourd’hui partiellement recouverte par le parc Père-Marquette.

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