Afin de sensibiliser les élèves et leurs parents aux bienfaits d’une vie équilibrée, une école de Rosemont s’est lancée pour défi de renoncer à ses appareils électroniques.

La Semaine Sans Écran, proposée par la psychoéducatrice de Saint-Albert-le-Grand, Jolène Gauthier, a demandé aux jeunes du primaire de renoncer à leur télévision, ordinateur, téléphone intelligent et tablettes du 5 au 11 avril.

«Je crois que ça va être un peu difficile, parce que j’utilise beaucoup le iPad pour mes jeux», a affirmé le jeune Félix Thibault, au début de l’expérience.

Toutefois, ses comparses et lui sont déterminés à faire de leur mieux pendant ces sept jours d’abstention électronique.

«On veut leur montrer que ce n’est pas la fin du monde de vivre une semaine sans écran. L’idée n’est pas d’abolir tous les appareils électroniques, mais de les sensibiliser à leur consommation électronique», a souligné Mme Gauthier.

Celle-ci constate désormais dans ses fonctions de psychoéducatrice qu’elle doit aider les jeunes à régler des problèmes liés au monde virtuel.

«L’exposition à la violence dans les émissions et les jeux peut pousser les enfants à résoudre leurs problèmes de façon violente. Les enfants sont bien entendu capables de faire la différence entre la réalité et la fiction, mais les jeux proposent des situations ou les obstacles sont éliminés. Il est important de montrer aux jeunes qu’en réalité tout n’est pas noir ou blanc», a expliqué Mme Gauthier.

Cette dernière souligne aussi que les enfants d’âge primaire n’ont pas la maturité émotionnelle pour régler leurs conflits sur les réseaux sociaux. «L’attitude en personne et en ligne est très différente. Souvent sur Facebook, les conversations débutent avec des insultes. Je dis toujours aux enfants que s’il y a des émotions impliquées dans la discussion, ça devrait se faire face à face», a insisté la psychoéducatrice.

De plus, selon la littérature scientifique et son expérience avec ses collègues orthopédagogues, la concentration en classe des élèves peut être affectée par les jeux vidéo.

Mme Gauthier se base entre autres sur le l’ouvrage L’enfant et les écrans, écrit par Sylvie Bourcier, professeur au Certificat Petite Enfance et Famille à l’Université de Montréal.

Selon les statistiques recueillies dans le livre, les écrans auraient un impact négatif sur l’intérêt des élèves en classe, leurs résultats en mathématique et en lecture. L’auteur constate aussi une diminution de 10 % de l’activité physique des enfants et une augmentation de leur masse corporelle.

Sur le bon chemin
En général les élèves de Saint-Albert-le-Grand font bonne figure quant à leur temps passé devant les appareils électroniques.

Plus de 200 d’entre eux ont compilé en février dernier leurs heures de consommations. En moyenne, les enfants ont regardé leurs tablettes, ordinateurs et télévisions pendant 9 heures et 15 minutes par semaine, ce qui reste dans les chiffres recommandés par la psychoéducatrice.

«Je regarde surtout la télévision le midi à la maison», a assuré Nicolas Mercier, qui avait bien l’intention de participer aux activités prévues à son école pendant la Semaine Sans Écran.

Chez les plus jeunes, comme Juliette Pinho et Marguerite Dion, les écrans d’ordi et les iPad n’ont pas pris encore beaucoup de place dans leur emploi du temps. «J’aime jouer au soccer et faire des pirouettes», a lancé Juliette. «Moi j’aime aller à la piscine et jouer au hockey», a rajouté Marguerite.

C’est surtout au secondaire que les choses peuvent se gâter. Selon Mme Gauthier, entre 10 et 20 % des élèves qui ont participé à la compilation de leurs habitudes ont fait augmenter la moyenne d’heures devant les écrans, et plusieurs d’entre eux sont en 6e année. C’est pourquoi la psychoéducatrice est d’avis qu’il est important de commencer la sensibilisation à un jeune âge.

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