Emmanuel Delacour/TC Media Le style typique des rues et maisons de la Cité-jardin à Montréal est unique.

Pendant que Montréal célèbre en grand le 375e anniversaire de sa fondation en 2017, il s’agit aussi d’une année charnière pour un petit coin historique de Rosemont, qui soulignera bientôt ses 75 ans.

La Cité-jardin se situe au point le plus oriental du quartier, délimitée au nord par le boulevard Rosemont, au sud par l’avenue des Saules, à l’est par le boulevard de l’Assomption et à l’ouest par la rue Viau.

Ses résidents prévoient plusieurs événements, cet été, pour fêter leur voisinage, incluant une conférence, le 16 mai, présentée par Marc H. Choko, professeur au département de design de l’UQAM, et Sylvie Paré, professeure titulaire et directrice des programmes d’urbanisme à l’ESG de l’UQAM.

Mme Paré s’intéresse à ce quartier où elle réside depuis les années 1980, époque à laquelle elle en fait un sujet de recherche pour sa maîtrise. «C’est un lieu exceptionnel à Montréal. Depuis le début des années 2000, il y a une pression citoyenne auprès de l’arrondissement et de la Ville pour qu’on le préserve», affirme celle-ci.

En effet, le quartier se distingue par sa planification urbaine unique au sein de la métropole. La plupart de ses rues se terminent en cul-de-sac, sur un rond-point et ses maisons unifamiliales de style chalet suisse et canadien, créent un paysage hors du commun dans ce secteur. Selon les données les plus récentes du Grand répertoire du patrimoine bâti de Montréal, seulement 167 maisons y ont été construites.

C’est en 2011 que Rosemont –La Petite-Patrie adopte un Plan d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA), afin de favoriser une architecture de qualité et intégrée à son milieu.

Cette initiative est, entre autres, une réaction de la part des résidents de la Cité-jardin à la venue de constructions «monstres» qui font peu à peu leur arrivée dans le quartier, selon les explications de Mme Paré.

Petite histoire d’un grand projet
À l’origine, le mouvement des Cités-jardins provient de l’urbaniste anglais Ebenezer Howard, au début du 20e siècle.

L’idée d’allier les avantages de la ville et de la campagne dans une banlieue fleurie se répand un peu partout en Europe, puis arrive à Montréal en 1940, dans un projet de lotissement poussé par l’Union économique d’habitations.

La Cité-jardin du tricentenaire est inaugurée en 1942, à l’occasion des 300 ans de Montréal.

«On prévoyait en faire un quartier plus important que ce qui existe aujourd’hui. On voulait aussi construire des habitations pour la classe ouvrière de Montréal, mais c’est plutôt devenu un lieu embourgeoisé à cause du coût des maisons», raconte l’urbaniste.

Le projet avait aussi pour objectif de réduire la circulation automobile avec ses culs-de-sac et d’encourager les espaces verts.

Des dérives immobilières auront raison des phases suivantes prévues, les plans initiaux délimitaient le quartier jusqu’à la rue Sherbrooke au sud et à la rue Dickson à l’est, là où se trouvent aujourd’hui l’hôpital Maisonneuve-Rosemont et le parc du Bois-des-Pères.

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