Gracieuseté Jérémy Jaquet Les moutons entretiennent le gazon du Jardin botanique.

Les ruminants pourraient-ils remplacer les herbicides? C’est la question que se posent des chercheurs du Laboratoire sur l’agriculture urbaine (AU/LAB), qui ont récemment relâché neuf moutons et deux chèvres au Jardin botanique.

Les citoyens reconnaîtront peut-être les brebis et les agneaux de Biquette à Montréal qui se promènent depuis quelques années au parc du Pélican lorsqu’ils visiteront les espaces verts du jardin public montréalais.

Ceux-ci ont été installés dans un enclos, sous la supervision d’une bergère urbaine, afin d’y brouter le gazon, tandis qu’un peu plus loin, des chèvres s’affairent à une autre mission.

«Ça pourrait avoir des applications pratiques. Les moutons pourraient nous aider à couper des coûts dans la tonte de l’herbe et les chèvres sont capables de manger des plantes envahissantes», affirme Marie-Claude Limoges, chef de la division horticulture et collections du Jardin botanique.

L’écopâturage en milieu urbain pourrait-il être bénéfique à notre environnement?

C’est ce que tente de déterminer les scientifiques du AU/LAB, qui ont tout d’abord voulu savoir si les moutons pouvaient aider les employés d’Espace pour la vie à éradiquer le dompte-venin. Cette plante grimpante est répandue dans les terrains fermés au public, qui sont plus en friches et qui ne sont pas entretenus par les horticulteurs du Jardin botanique.

«Malheureusement, les moutons ne se sont pas intéressés au dompte-venin. AU/LAB nous alors proposé d’utiliser des chèvres de réformes, plus vieilles et destinées l’abattoir, afin de voir si elles en mangeraient», explique Mme Limoges.

Depuis un peu plus d’une semaine, ces biques s’attaquent aux plantes envahissantes sous l’œil attentif d’une bergère. «Nous voulons analyser leur capacité à contrôler ce genre de plantes, souligne Jean-Philippe Vermette, directeur intervention et politiques publiques de AU/LAB. Depuis les nouvelles réglementations qui interdisent les herbicides comme le glyphosate, aussi connu sous le nom de roundup, plusieurs municipalités sont à la recherche de nouvelles solutions.»

Si ce dernier ne s’attend pas à une «recette miracle», il en reste convaincu que l’utilisation de ruminants pour contrôler les plantes envahissantes pourrait faire partie d’un «cocktail» d’interventions.

Une initiative similaire est explorée dans la ville d’Edmonton, en Alberta, qui emploie des chèvres entraînées à manger les mauvaises herbes. Leur système digestif détruit les graines, limitant la prolifération des plantes, et leur permet d’ingérer des variétés toxiques pour d’autres bétails.

Jusqu’au 2 juillet, les visiteurs pourront rencontrer les moutons de Biquette à Montréal au Jardin botanique, avant que ceux-ci se déplacent au parc du Pélican pendant six semaines,  puis ensuite au parc Maisonneuve.

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