Emmanuel Delacour Christian Yaccarini, chef de la Société de développement Angus, demande des investissements pour relancer l'est de la métropole.

Le développement socio-économique de l’est de Montréal passera entre autres par la création d’infrastructures, incluant des réseaux de transports solides.

C’est ce qu’a soutenu Christian Yaccarini président de la Société de développement Angus (SDA) lors d’une conférence de la Chambre de commerce de l’Est de Montréal (CCEM), où étaient réunis chefs d’entreprise et élus de ce secteur de la métropole.

«Pendant que des milliards de dollars sont investis dans l’ouest de l’île, on discute encore du prolongement de la ligne bleue. J’étais là quand on en fait l’annonce pour la première fois en 1979 et on attend encore», a souligné M. Yaccarini.

Celui-ci espère qu’on reliera cette ligne du métro de Montréal au projet de Service rapide par bus (SRB) sur le boulevard Pie-IX dès que possible. «Il serait absurde d’attendre la fin des travaux de la ligne bleue, prévue en 2026, alors que le SRB sera complété en 2022. Ça serait quatre années perdues», a insisté le président de la SDA.

Ce dernier a martelé qu’il était nécessaire que l’État québécois s’implique en tant «qu’accompagnateur» pour mettre en place des infrastructures dans l’est de la ville en transports. Sur la rue Notre-Dame Est, «épine dorsale» de l’économie, il faudra créer un boulevard urbain accueillant pour les automobilistes, mais aussi pour les piétons, cyclistes et transporteurs de marchandises. Le verdissement de cette artère permettra de redorer l’image de l’est de Montréal, a-t-il ajouté.

Le projet de réseau express métropolitain (REM), qui est prévu en 2021, devra aussi desservir la population de l’est, a affirmé M. Yaccarini. «Il s’agit d’un réseau que l’on peut aménager plus rapidement et de façon moins coûteuse qu’une ligne de métro. Pourrions-nous envisager que les citoyens de Pointe-aux-Trembles puissent en profiter, afin de se rendre aussi facilement à l’aéroport de Dorval que ceux de Baie-D’Urfé et de Brossard?»

Par ailleurs, le président de la SDA a salué l’intention du gouvernement de François Legault de mettre en place un fonds de 200 M$ dédié à la décontamination des sols dans l’est de la métropole, qui a longtemps été le domicile de raffineries. Celui-ci a toutefois mis en garde le gouvernement québécois, afin qu’il ne laisse pas les spéculateurs immobiliers et les grandes entreprises être les seuls bénéficiaires de cet argent.

Enfin, M. Yaccarini a présenté la SDA comme acteur essentiel dans le développement de l’est de Montréal, grâce à «une équipe complètement dédiée à ce dossier».

Le promoteur des Shops Angus, dans le quartier Rosemont, désire toujours entreprendre un projet pour construire des immeubles résidentiels et commerciaux dans le secteur. «On regarde à Montréal-Nord et dans l’est. On voudrait utiliser les terrains des anciennes pétrolières, mais il nous faudra la mobilisation des gens du milieu. On ne va pas acheter de terrains si on est les seuls joueurs», a-t-il expliqué.

La lancée
Les gens du milieu des affaires et les élus ont généralement bien accueilli les propos de M. Yaccarini, avec quelques bémols.

«Pour créer une relance dans l’est, il nous faudra investir dans les infrastructures lourdes. La clef, c’est le transport en commun. Ça passera par la ligne bleue et la ligne rose», a martelé François W. Croteau, maire de l’Arrondissement de Rosemont – La Petite-Patrie. Le SRB ne sera pas suffisant à lui seul pour désengorger la ligne orange et désenclaver l’est, car il ne peut transporter que 70 000 personnes par jour, beaucoup moins que le réseau du métro.»

Sa collègue et candidate de Projet Montréal à la mairie de Rivière-des-Pairies – Pointe-aux-Trembles, Caroline Bourgeois, perçoit déjà le «momentum» chez les acteurs de l’est de Montréal, incluant du côté de l’administration Plante.

«Les 300 autobus qui seront déployés et d’autres investissements en transports que nous annoncerons bientôt permettront aux citoyens et à la main-d’œuvre de mieux se déplacer dans le secteur», a dit Mme Bourgeois.

Cette dernière est aussi convaincue de l’importance de la navette fluviale sur le Saint-Laurent pour créer un lien entre l’est de l’île et le centre-ville.

Pour sa part, la présidente-directrice générale de la CCEM, Christine Fréchette, croit que les premiers pas ont été accomplis pour provoquer la relance.

«Nous nous efforçons de rassembler les gens de l’est. Nous publierons dans les six prochains mois un livre blanc dans lequel l’ensemble de nos initiatives pour encourager le développement seront présentées, et plusieurs des propositions faites par M. Yaccarini y seront incluses», a-t-elle souligné.

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