Yann Perreau est sale. Sale de poésie. Les deux mains dans celle de Claude Péloquin, À genoux dans le désir, il a semé ce qu’il récolte aujourd’hui, soit un – quatrième – album qui ratisse large, tout en étant personnel.

Il a perdu son père l’an dernier. Cette année, c’est la naissance à venir de son premier enfant qui submerge son cœur et ses pensées. Il aurait pu écrire là-dessus. Toutes les ficelles émotives étaient à sa disposition. Pourtant, c’est l’écriture du célèbre auteur de la non moins célèbre phrase « Vous êtes pas écœurés de mourir, bandes de caves ! » qui a attiré les yeux, d’abord, puis le cortex cérébral de Yann Perreau.

« Je ne le connaissais pas personnellement, juste de réputation, comme tout le monde, avoue t-il. C’est un ami commun qui nous a présentés dans un vernissage, à l’automne 2009. On a jasé et il m’a dit qu’il avait des textes pour moi, pour en faire des tounes. Une semaine après notre rencontre, je recevais une boite contenant 300 pages de poèmes. Mais j’ai mis ça de côté; j’avais une tournée à préparer, pis il y avait le spectacle des 12 hommes rapaillés.

« Finalement, l’automne dernier, j’ai ouvert la boite, lu les poèmes de Péloquin. Je me suis mis au piano et, quelques heures plus tard, la chanson « Vertigo de toi » était née. Puis, le lendemain, j’ai composé « Acrobate de l’éternité ». Là, je me suis dit que quelque chose de beau se passait; c’est comme si la musique que je composais était faite pour les textes et la poésie de Claude Péloquin. C’était une belle surprise. »

Celui qui réside dans La Petite-Patrie a appelé sa compagnie de disque, ne sachant pas encore s’il en tirerait un disque ou un simple projet parallèle. Mais il savait qu’il allait se nourrir de cette boîte pour les mois à venir, qu’il allait y plonger ses deux mains, s’y salir, à force de tourner les pages.

« Claude m’a donné une grande liberté avec ses poèmes. Je pouvais couper des bouts, inverser des vers, changer des mots, tant que je ne dénaturais pas le sens. Dans le respect et avec une grande confiance, je me suis approprié ce qui me touchait, ce qui me ressemblait, ce qui me faisait vibrer. Moi, je me nourris de ce que je vois et vis… Là, j’avais du Péloquin sous la dent; c’est du matériel incroyable. »

Rapidement, les deux chansons écrites sont devenues trois, puis cinq et, finalement, dix. Et c’est de ce nombre qu’est composé À genoux dans le désir, son quatrième disque studio qui sort ces jours-ci. Et il tient à ce que ce soit clair : basé sur les écrits de Péloquin, il n’en demeure pas moins que c’est du Yann Perreau. « J’ai toujours fait affaire avec des auteurs. Richard Desjardins, Dédé Traké, Arthur H… l’important, c’est de s’approprier le texte et d’être en phase avec celui-ci pour que les gens comprennent bien que ce qu’ils entendent, c’est moi, ma voix et ma pensée. Tsé, le dernier Alain Bashung (Bleu Pétrole), il n’y a aucun texte de lui là-dessus. Pourtant, il y a tu quelqu’un qui doute que c’est un disque de Bashung? Je veux que ce soit la même perception pour ce disque. Les textes de Péloquin sont dans mon univers de création et je les ai utilisés. »

C’est dans le plaisir que s’est fait le nouvel opus, dit le chanteur. Et sa naissance scénique devrait aussi faire plaisir les gens qui viendront à ses spectacles, tout en les faisant danser, naturellement.

« Je ne me prends pas trop au sérieux, mais je travaille sérieusement. Je compose et offre une musique qui divertie et fait danser, c’est vrai, mais qui peut aussi faire réfléchir. Je suis confiant que ce sera la même chose encore ici. En tout cas, avec Miron et les 12 hommes rapaillés dans les dernières années, et maintenant Péloquin, j’ai touché à de la poésie exceptionnelle et nourrissante. Ça m’aidera pour mes prochains projets, c’est certain. »

-Le lancement de Yann Perreau aura lieu les 11 et 12 octobre au Club Soda. Information: http://www.yannperreau.com/

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