Nam Y. Huh

Un avis de motion a été déposé, lundi soir, en conseil d’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie pour interdire l’utilisation de la cigarette électronique dans ses édifices, au même titre que la cigarette classique. Les bibliothèques, piscines, arénas ou encore pataugeoires sont visés.

«Il y a un principe de précaution qui existe quand des données sur la toxicité d’un produit ne sont pas complètes et qu’un doute subsiste», explique le maire François Croteau.

Avec cet avis de motion, l’arrondissement emboîte le pas à celui de Montréal-Nord, première administration à avoir mis en place une interdiction, au mois de janvier.

Le Plateau-Mont-Royal, Verdun et le Sud-Ouest ont également pris des mesures en ce sens.

Fin janvier, la Ville de Montréal avait déjà interdit à ses employés de vapoter dans ses bâtiments et véhicules.

Un flou juridique
Ce n’est pas la première fois que les élus montréalais se penchent sur la question.

En septembre dernier, le conseil de Ville avait voté une motion demandant au gouvernement du Québec de revoir la Loi sur le tabac, afin d’y inclure la cigarette électronique.

«Nous étions d’accord sur le fait qu’il y a un flou. Aucune étude véritable ne peut démontrer si oui ou non, il y a toxicité. On pourrait donc mettre des personnes en danger», ajoute M. Croteau.

Dangereux pour la santé?
Santé Canada et le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) ont émis des mises en garde quant à l’utilisation de la cigarette électronique.

«Le directeur national de la santé publique du Québec invite la population à s’abstenir de consommer les cigarettes électroniques ainsi que tous les autres produits comparables, qu’ils contiennent ou non de la nicotine, jusqu’à ce que soient mieux compris les impacts de leur consommation sur la santé», peut-on lire dans l’avis du MSSS.

Sylvain, qui réside dans La Petite-Patrie, a opté pour la cigarette électronique récemment.

«J’ai longtemps dénigré cela et finalement, je trouve que c’est un bel outil, explique ce père de famille, habitué à fumer 25 cigarettes par jour depuis longtemps. C’est un bon substitut, car le but c’est tout de même d’arrêter de fumer définitivement.»

Pour autant Sylvain reconnaît qu’il aimerait en savoir davantage.

«Je suis d’accord avec le principe de précaution et l’interdiction. Il faut la considérer au même titre que la cigarette classique. Mais en ce qui me concerne, l’effet est incroyable. Après un mois et demi d’utilisation, j’ai déjà réduit ma dose de nicotine, une chose impensable pour les personnes qui connaissent mon passif de fumeur.»

Pas de chasse aux sorcières
Cependant, l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie ne poussera pas la prohibition plus loin pour le moment.

«On ne souhaite pas étendre l’interdiction aux parcs étant donné que la cigarette ne l’est pas actuellement. Certaines villes comme Boston, New York, Ottawa et Vancouver l’ont fait, mais, je ne crois pas que nous en soyons encore là au Québec. Cela prendra un certain temps», pense l’élu de Projet Montréal.

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