Rosemont-La Petite-Patrie se targue d’être l’un des arrondissements les plus performants en matière de déneigement et de servir d’exemple. Le Journal de Rosemont–La Petite-Patrie a donc décidé de suivre une opération de chargement, aux côtés des contremaîtres, conducteurs et chef aux opérations. Incursion dans les coulisses du déneigement rosemontois.

Mardi, 14h30, rue de Bellechasse, une équipe de cols bleus est à pied d’œuvre.

Depuis le début de la journée, ils sont 75 employés, mobilisés aux quatre coins de l’arrondissement, pour déblayer la vingtaine de centimètres de neige accumulée depuis plus d’une semaine.

Au volant d’un tracteur-chargeur, Johanne Thériault s’affaire à briser les amas de neige qui longent les trottoirs, avant le passage de l’autoniveleuse et de la souffleuse.

«Il faut avoir les yeux partout, confie celle qui est chauffeur-opératrice de machinerie lourde depuis 25 ans. Il faut être très vigilant et en même temps être assez doux dans nos manœuvres.»

Arrivée à l’angle de l’avenue De Lorimier, Mme Thériault descend à plusieurs reprises de son tracteur pour dégager des planches et autres débris bien enfouis sous la neige.

Mauvaises surprises sous le manteau blanc
Juste derrière, Serge Gollain, qui conduit l’un des appareils de trottoir, les fameux Benco, vient lui prêter main-forte.

«On rencontre toute sorte de choses quand on déneige. Des bacs de recyclage, des bouts de bois, des meubles, des sofas, des jouets d’enfants délabrés. Il arrive aussi très souvent que l’on tombe sur des bols de toilettes.»

Un fait que confirme Chantal Julien, chef de division de la voirie, à l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie. «La nuit dernière, une souffleuse est tombée sur une chaîne pour tirer une voiture, tantôt, c’était un bol de toilette. Tout ça ralentit les opérations», précise-t-elle.

Pourtant, avant chaque chargement, des équipes partent en repérage pour ramasser les gros morceaux. Malgré cela, certaines choses passent sous le radar et se retrouvent bien souvent dans les souffleuses.

Le premier chargement de neige effectué dans l’arrondissement a d’ailleurs connu de multiples mésaventures. Les cinq souffleuses ont été brisées, en raison de nombreux débris laissés sur les trottoirs.

La valse des remorqueuses
Quelques mètres en amont du convoi de déneigement, une remorqueuse emporte un véhicule.

«Le non-respect des panneaux de signalisation est aussi un problème pour les équipes, confie Jean Coulombe, contremaître. On ne peut pas enlever les camions stationnés, car ils sont trop lourds, par exemple. Les remorqueurs n’osent pas toucher non plus aux voitures de luxe, pour ne pas être tenus responsables de possibles dommages. Cela pose toute sorte de problèmes.»

Les voitures stationnées trop près du trottoir donnent aussi de nombreux maux de tête aux opérateurs. «Il faut faire très attention, car parfois, on manque de place pour passer avec la machine. On peut accrocher des miroirs, des portes d’auto, il faut être à l’affût tout le temps», explique M. Gollain.

Pour simplifier les opérations, l’arrondissement a mis en place plusieurs mesures. Les citoyens sont encouragés à implanter des tuteurs pour délimiter les espaces à protéger et une opération d’élagage d’arbres est également réalisée depuis l’an dernier, pour couper les branches qui pourraient briser les machines sur leur passage.

Il est 15h, une bonne partie de la rue de Bellechasse est maintenant déneigée. La souffleuse et les camions ont vidé les trottoirs et la route.

Un employé s’occupe de refermer les panneaux de stationnement qui retrouvent leur visage originel, du moins, jusqu’au prochain chargement.

Ce qu’ils ont dit:

Déneigement Rosemont-Petite-patrieSerge Gollain, conducteur de Benco. «Moi, je suis la petite « bibitte » en arrière qui déblaie les trottoirs. Cela arrive que des citoyens soient mécontents, car ils trouvent que la neige n’est pas déblayée assez vite. Mais, c’est 50-50, car il y en a quand même qui nous félicitent.»

 

Déneigement Rosemont-Petite-patrieJohanne Thériault, chauffeur-opératrice de machinerie lourde. Elle fait partie des 25% de femmes qui travaillent au service de la voirie. «Au début, c’était plus dur, car il n’y avait pas beaucoup de femmes. Mais, on s’habitue et les hommes nous respectent. Je trouve qu’une femme fait aussi bien le travail. On est plus douce, on a plus de finesse et de doigté. Finalement, c’est un peu comme tricoter des chaussettes!»

Déneigement Rosemont-Petite-patrieJean Coulombe, contremaître. «Quand je suis arrivé dans l’arrondissement, le déneigement nous prenait six jours. Actuellement, la moyenne est de deux jours et demi. On ne pourra jamais être plus performant que maintenant. Pas dans le contexte montréalais, avec toutes les voitures qui doivent se stationner.»

 

 

 

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