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Sur l’île de Montréal, près de 21% des jeunes sortent du secondaire, sans diplôme ni qualification, selon des données de 2012. Dans Rosemont– La Petite-Patrie, ils sont près de 34%. Dans le cadre des 5e Journées de la persévérance scolaire, le Journal de Rosemont–La Petite-Patrie a rencontré un ancien décrocheur, qui a accepté de raconter son histoire.

Il y a encore quelques mois, Marc-Antoine fréquentait l’école secondaire Louis-Riel.

Mais, au fil des semaines, il a commencé à manquer des cours, jusqu’au jour où il a complètement arrêté de fréquenter son établissement. «J’étais vraiment démotivé. Il n’y avait rien qui me plaisait», résume le jeune homme de 17 ans.

Bien décidé à ne plus remettre les pieds à Louis-Riel, il a profité de ses premières semaines de tranquillité. «Je me levais tard, je restais chez moi ou je sortais me promener. Je me relaxais en fait», résume-t-il.

Cependant, le sentiment de vacances a rapidement laissé place à l’inquiétude. «J’ai commencé à trouver le temps long. J’avais aussi honte d’avoir arrêté l’école. Cela m’inquiétait de ne pas savoir ce que j’allais faire de ma vie», avoue le jeune homme.

Trouver le courage de raccrocher
La décision de mettre fin à son secondaire n’a pas été bien accueillie par son entourage.

«Je n’en avais pas parlé à ma famille. Mes parents n’ont pas vraiment été contents d’apprendre que j’avais lâché l’école. Ils m’ont poussé pendant plusieurs mois pour que j’y retourne. Ils avaient peur que je reste avec mon secondaire inachevé», indique-t-il.

Au bout d’un certain temps, la famille de Marc-Antoine a décidé de ne plus le pousser. «C’est à ce moment-là que j’ai commencé à réfléchir à mes options pour reprendre les cours», avoue-t-il.

Il a alors été mis en contact avec Ève Montpetit, de l’organisme Perspectives Jeunesse, qui intervient dans plusieurs établissements scolaires, dont l’école secondaire Louis-Riel.

Répondre à de plus larges besoins
Mme Monpetit est en charge du programme «DropIn», qui offre une ressource alternative d’insertion sociale et communautaire, basé sur le principe du volontariat.

«Les jeunes qui viennent ne se considèrent pas comme des décrocheurs. Pour eux, c’est péjoratif, explique Mme Montpetit. Il n’y a pas un seul profil. Certains viennent de familles unies et aisées, d’autres ont des problèmes de drogue ou vivent dans un univers familial compliqué. Il faut aller à leur rythme. Parfois, ils ont simplement besoin qu’on les aide dans leurs démarches personnelles.»

Le programme d’accompagnement dure plusieurs semaines. «On croit beaucoup au fait de prendre son temps, ajoute Louis-Philippe Sarrazin, directeur par intérim de Perspectives Jeunesse. Oui, le retour aux études est une première étape, mais il faut régler tous les autres problèmes autour, alors si cela prend un an, et bien, cela prendra un an. Certains doivent faire leur bout de chemin tout seul.»

Marc-Antoine a pu bénéficier du programme et est en train de terminer son secondaire à l’école aux adultes. Il souhaite ensuite s’inscrire au cégep.

Comme lui, 50% des jeunes qui participent au «DropIn» retournent à l’école ou intègrent le marché du travail.

Les Journées de la persévérance scolaire se poursuivent jusqu’au 20 février. Plusieurs actions sont mises en place durant la semaine, notamment à l’école Père-Marquette.

Notons également que Perspectives jeunesse vient de signer une nouvelle entente avec l’école Marguerite-De Lajemmerais pour mettre en place des interventions.

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