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Excédés par les longs délais d’émissions de permis de rénovation et de construction, certains résidents de Rosemont–La-Petite-Patrie, ont décidé de passer au-dessus des lois et d’entamer leurs travaux sans attendre leur permis. Deux résidents ont bien voulu témoigner.

«Trois mois d’attente rien que pour avoir un premier rendez-vous», s’exclame Matthieu [le nom a été changé pour préserver l’anonymat du citoyen]. Propriétaire de plusieurs condos dans le quartier de Rosemont, Matthieu a voulu rénover un appartement délabré au rez-de-chaussée et modifier l’agencement de celui situé au 1er étage.

«Rien de très compliqué. Mais lorsque je suis allé au rendez-vous avec mes plans, ils ont refusé de les examiner car j’ai utilisé des feuilles quadrillées au lieu de feuilles blanches. Mais tout était correct. Il fallait donc que je fasse de nouveaux plans, reprendre rendez-vous, perdre encore du temps… J’ai donc entrepris les travaux sans permis», déplore Matthieu.

De son côté, Richard [nom fictif] s’impatiente. «Tout ce que je veux, c’est avoir une autorisation pour aménager une petite galerie en bois dans mon jardin et pouvoir en profiter cet été».

Ce jeune trentenaire a déposé son dossier au début du mois de mai, les autorités lui ont donné un délai de réponse de 4 mois.

«De plus, tu ne sais plus vers qui te tourner ni à qui te fier car ton interlocuteur change constamment, ainsi que les réponses à tes questions. Alors je me demande pourquoi je ne construis pas ma galerie sans avoir le permis», songe sérieusement le propriétaire.

Des retards importants
L’arrondissement connaît des retards grandissants dans l’émission des permis de construire et de rénovation. Au 1er janvier 2015, 298 demandes reçues l’année précédente étaient toujours en traitement. A ceux-là, s’ajoutent les demandes qui s’accumulent depuis.

Selon les données publiées par l’arrondissement, 1 046 demandes ont été reçues entre le début janvier et le 3 juillet. De ce nombre, 905 ont été approuvées et 53 rejetées ou annulées. C’est donc un excédant de 88 demandes non-traitées qui s’additionnent à la balance de près de 300 demandes de 2014. On explique ces retards par la quantité de requêtes.

Des mesures ont été prises. Un nouveau directeur et deux nouveaux chefs de divisions ont été nommés et deux postes de secrétaires d’urbanisme ont été créés depuis le 10 juillet. Un bilan bimensuel des émissions de permis peut également être consulté en ligne sur le site de l’arrondissement.

«C’est une aberration de voir autant de retards. Tout le monde y perd, soutient Hans Brouillette, directeur des affaires publiques à la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ). Même s’il est vrai que les citoyens qui construisent sans permis sont dans l’illégalité, la Ville leur donne une bonne excuse de réaliser des travaux sans autorisations».

Les résidents rebelles encourent une amende et la destruction de leurs travaux sans permis si les autorités s’en rendent compte. «L’amende ne me fait pas peur, car c’est à peu près la somme qu’il faut débourser pour obtenir le permis. Pour ce qui est de défaire ce que j’ai bâti, comme je suis sûr que mes ouvrages ont été faits de la meilleure façon, je ne vois pas le problème», répond confiant Matthieu.

Aucun chiffre concernant le nombre d’amendes distribuées cette année n’a pu être communiqué.

Des rosemontois toujours dans l’attente
Début juin, TC Media avait déjà traité un sujet similaire sur la colère des habitants. Le journal a voulu savoir où ils en étaient. «C’est l’enfer ! Ils viennent tout juste de me donner un calendrier. Je me bats depuis décembre 2014. J’ai dépensé près de 60 000$ en frais de dossier, d’expertise, d’avocat et d’architecte. Ce sont les douze travaux d’Astérix», se lamente Caroline Nadeau. Avec son conjoint, ils veulent démolir une «shoebox», qu’ils jugent en piteux état et y construire un bâtiment de quatre logements familiaux.

Robert Pellan, attend depuis deux mois sa demande de permis de rénovation de son duplex. Il devra patienter encore un peu, son rendez-vous avec l’arrondissement est le 1er août.

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