Mélanie Pinto/Oeil bionique Flavio Rezende, est l'ophtalmologue chirurgien de l' Hôpital Maisonneuve-Rosemont qui implantera pour la première fois au Québec un œil bionique sur un patient mal voyant.

Bientôt, un malvoyant québécois pourra recouvrir le sens de la vue, grâce à l’implantation d’un œil bionique. Il s’agit d’une grande première au Québec. C’est l’hôpital Maisonneuve-Rosemont qui a été sélectionné pour mener à bien cette opération, qui devrait avoir lieu à l’automne. Mais avant, il faut trouver le patient idéal. Une tâche qui est loin d’être facile.

«Le futur patient doit avoir plus de 18 ans. Il faut qu’il soit atteint par la maladie rétinite pigmentaire, une maladie génétique dégénérative de l’œil. Mais il doit avoir toutes ses facultés au niveau des nerfs optiques et au cerveau», explique Flavio Rezende, ophtalmologiste chirurgien rétinologue à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont.

Le chirurgien de 42 ans a été choisi pour mener à bien ce projet révolutionnaire.

«Le jeune patient devra également ne pas avoir une forte myopie, car la myopie déforme la structure de l’œil et rend difficile la pose de la prothèse», souligne le docteur. Il n’est pas obligé que le futur porteur de l’œil bionique soit complètement aveugle, «le simple fait qu’il perçoive la lumière suffira, ça sera même mieux».

Pour détecter toutes ces anomalies, l’éventuel patient idéal devra passer une batterie de tests. «L’institut Nazareth et Louis-Braille s’allie pour nous aider à trouver le candidat et aidera le patient à réintégrer la société. Après l’implantation, le patient passera de l’ombre à la lumière, tant dans sa nouvelle vision que dans sa vie de tous les jours. Il faut donc un sujet stable et stimulé», précise le spécialiste.

Trouver le patient idéal risque d’être ardu. Des profils qui correspondent à tous les critères de sélection sont rares, ici comme ailleurs. Il n’y a que 150 patients dans le monde qui portent cette prothèse, et seulement cinq au Canada.

Mais, le non-voyant sélectionné ne recouvrira pas la vue complètement comme les voyants. Il pourra juste déceler les zones d’ombres et de lumières, sa vision sera digitale, pixélisée, en noir et blanc comme un écran d’ordinateur. La puce de 5mm implantée dans l’œil sera directement reliée à une caméra branchée sur des lunettes spéciales, qui elles seront reliées à un ordinateur de poche. Le patient pourra ainsi gérer lui-même la luminosité.

L’avenir de cette technologie est encore plus prometteuse. Des chercheurs travaillent actuellement sur des mises à jour et des applications que le malvoyant pourra incorporer à son mini-ordinateur, comme des effets de couleurs, par exemple.

150 000$US offerts pour la première implantation
Le premier patient à bénéficier de l’œil bionique se verra offrir son opération par la Fondation de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont. Le prix de l’intervention est de 150 000$US. «La Fondation veut donner un coup de pouce à la recherche et surtout à ce projet prometteur. Nous ne voulons en aucun cas substituer la place du gouvernement, mais prouver que ce genre de projet est essentiel pour la progression de la science et de la médecine», estime Lucie Drapeau, directrice générale de la fondation.

La demande a été émise par l’hôpital au printemps. Le projet correspond exactement à la dynamique de la fondation: «un projet expérimental, concret, doté d’une approche clinique qui a un impact direct sur le patient. Cette opération pourra donner la possibilité au non-voyant de se réintégrer directement à la société et mener une vie plus autonome», souligne Mme Drapeau.

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