Stéphanie Maunay/TC Media Le kiosque à musique du parc Molson est l'un des trois derniers à Montréal.

L’emblème patrimonial du parc Molson vit ses dernières heures. Trop vétuste, le kiosque à musique ne sera pas restauré, mais plutôt démoli pour laisser place à un nouveau pavillon d’ici la fin de l’année. L’arrondissement assure qu’il sera reconstruit comme d’antan.

La gloriette du parc Molson est l’un des trois kiosques à musique restants à Montréal, sur les six construits au début du 20e siècle.

Situé dans un secteur patrimonial, il marque la transformation du quartier depuis 1914, date à laquelle la famille Molson a cédé à la Ville le terrain pour y ériger le parc.

«Il a une signification particulière. C’est un lieu de rassemblement, d’appropriation qui symbolise le quartier», estime le maire de Rosemont–La Petite-Patrie, François Croteau.

Trop cher de rénover
Depuis deux ans, l’arrondissement est en réflexion sur l’avenir de ce kiosque, qui se dégrade d’année en année et travaille en collaboration avec le service du patrimoine de la Ville de Montréal.

Dalle de béton fissurée, circuit électrique défaillant, graffitis, la structure n’est plus sécuritaire.

«Il faut remédier rapidement à cette situation, car il tombe en désuétude. Ceux qui l’utilisent connaissent bien les problèmes d’infiltration et de moisissures», confirme M. Croteau.

Parc Molson
Mais, rénover une structure patrimoniale coûte cher.

«On en a eu l’exemple avec le pavillon Mordecai-Richler [NDLR:la réfection du kiosque du Mont-Royal a coûté plus de 500 000$, soit 150 000$ de plus que l’estimation initiale]. On aura dépensé plus d’argent en le restaurant qu’en le reconstruisant», appuie le maire Croteau.

Il pointe du doigt des problèmes de peinture au plomb et des normes patrimoniales qui font augmenter les frais.

Il plaide cependant pour la conservation de cet élément du passé. «On croit à la préservation patrimoniale. C’est une de nos priorités», assure-t-il.

À savoir si le kiosque gardera ses couleurs verte et blanche, M. Croteau répond que des recherches visuelles se font actuellement pour s’assurer de la construction d’origine.

La décision de l’arrondissement est saluée par la Société d’histoire Rosemont–Petite-Patrie. «On aimerait qu’il garde son aspect, indique Michel Di Bernardo, de l’organisme. C’est très important pour nous.»

La reconstruction coûtera environ 680 000$, dont 66% seront assumés par le Fonds du patrimoine culturel québécois. Le reste sera pris en charge par le budget d’investissement de l’arrondissement.

Les travaux de démolition devraient débuter à la fin de la saison estivale pour faire place à la nouvelle construction.

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