Emmanuel Delacour/TC Media Michel Labrecque et Esther Lapierre-Archambault se penchent sur l'effet des polluants dans les sols contaminés sur les plantes utilisées en phytoremédiation.

La phytoremédiation, cette technique qui permet la dépollution des sols, de l’air et de l’eau par les plantes, révélera bientôt tous ses secrets aux curieux.

C’est dans les confins du Jardin botanique, loin des yeux des visiteurs et derrière des clôtures cadenassées, que se trouvent les serres du Centre sur la biodiversité de l’Université de Montréal. Là, deux chercheurs mènent une expérience qui pourrait bouleverser leur champ d’expertise, les phytotechnologies.

«Il s’agit de tout ce qui a trait à l’utilisation des plantes pour résoudre des problèmes environnementaux. On peut penser aux marais filtrants ou aux toits verts, par exemple», explique Michel Labrecque, Botaniste et chercheur.

Celui-ci chapeaute le travail de maîtrise d’Esther Lapierre-Archambault qui se penche sur l’effet de la phytoremédiation sur les plantes. «On voulait savoir si le processus pourrait comporter un risque sur l’environnement», explique la chercheuse.

Cette expérience est cruciale pour le duo, car elle pourrait mettre en doute certains aspects de cette méthode d’assainissement des sols. Toutefois, les scientifiques restent optimistes. «Il reste beaucoup de choses qui sont présumées, qui n’ont pas encore été vérifiées en phytoremédiation. On pense d’ores et déjà que certaines plantes vont mieux absorber les hydrocarbures et les métaux lourds que d’autres», explique M. Labrecque.

Les plantes en sols contaminés semblent pousser moins haut que celles en sols sains, mais elles y survivent.

Les plantes en sols contaminés semblent pousser moins haut que celles en sols sains, mais elles y survivent.

Une alternative verte

Dans une serre où l’air est presque étouffant en matinée, les deux chercheurs énumèrent les seize plantes qui sont testées en sol pollué depuis le 1er juin. Dans les pots se trouvent du saule, de l’asclépiade, de la luzerne et du maïs, tous enracinés dans de la terre provenant de Montréal, incluant Montréal-Est, où la pollution des sols est importante.

Si certaines plantes sont plus petites et jaunies que celles qui trouvent dans un sol sain, toutes ces espèces natives en Amérique du Nord semblent proliférer. «Ces sols ne sont pas toxiques au point où rien ne va y pousser, elles peuvent encore déconstruire le pétrole et le rendre moins nocif, ou encore absorber les éléments chimiques dangereux, comme le cadmium», assure M. Labrecque.

Cette alternative au «dig and dump», c’est-à-dire amasser la terre des terrains contaminés et la déplacer ailleurs, est beaucoup plus verte, mais malheureusement moins populaire. «Les plantes vont faire le travail en quelques années, ce qui est trop long pour certains projets. C’est toutefois beaucoup moins coûteux de planter du saule que de creuser et tout enfouir», souligne le chercheur.

C’est à la fin de la saison que les chercheurs pourront amasser les fruits de leur expérience. «Il s’agit d’un moment critique où nous pourrons vérifier si les produits chimiques se retrouvent dans une partie de la plante spécifiquement, ou si tout son organisme est contaminé», affirme Mme Lapierre-Archambault.

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