Johanna Pellus/TC Media Régine Larouche et Chantal Bernard forme la petite équipe de l'APSM qui aide ses quelque 570 membres.

Un organisme de Saint-Laurent-Bordeaux-Cartierville, parti d’un simple groupe d’entraide il y a 30 ans, compte aujourd’hui près de 600 membres et fait la différence pour les proches de personnes atteintes de maladie mentale.

«Quand les gens nous arrivent, ils sont en détresse ou ils sont épuisés d’avoir essayé d’aider [leur proche atteint de maladie mentale]», précise la coordonnatrice de l’Association de parents pour la santé mentale de Saint-Laurent-Bordeaux-Cartierville (APSM), Régine Larouche.

«Ils attendent toujours d’être rendus à terre avant de demander de l’aide», ajoute son adjointe, Chantal Bernard.

L’APSM est gérée à bout de bras par ces deux employées qui, avec l’aide de quelques contractuels, supportent les centaines de membres, essentiellement des parents et des conjoints. Intervenantes, elles organisent aussi activités et formations.

Tous leurs services étant gratuits, l’APSM compte sur les dons de ses membres, ainsi que sur le financement le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, de fondations et d’élus.

Stigmatisation
Le fait que les proches de personnes atteintes de maladie mentale fassent appel à l’APSM parfois en ultime recours s’explique par la stigmatisation qui entoure la maladie mentale. Pour Mme Larouche, les parents ont souvent le «deuil de leurs aspirations [pour leurs enfants]» à faire et «ce n’est pas facile d’accepter cette situation».

«On ne veut pas être stigmatisé comme étant le « parent d’un fou », car il y a encore des gens qui disent que quand tu as une maladie mentale, tu es un fou, alors que c’est complètement faux», révèle-t-elle.

«La maladie mentale n’atteint pas l’intelligence de l’individu. Ce n’est pas une déficience mentale. C’est une maladie où les neurotransmetteurs ne transmettent pas l’information correctement.»

«Approche humaniste»
Mmes Larouche et Bernard pratiquent une «approche humaniste» pour accueillir les proches de personnes atteintes de maladie mentale.

«On doit les amener à s’ouvrir, ne pas avoir peur d’être jugés et juste dire les choses», explique Mme Larouche.

En plus de l’intervention psychosociale, «le nerf de la guerre» selon la coordonnatrice, l’APSM propose des formations, ateliers, groupes d’entraide et activités ainsi qu’un centre de documentation. Pour la première fois cette année, l’association organise également une fin de semaine de répit.

Dans certains cas particuliers, pour des familles en précarité financière qui font des sacrifices pour leurs proches malades, l’APSM offre du dépannage alimentaire sous forme de cartes échangeables à l’épicerie.

C’est 80% de la population nationale qui sera affectée par une maladie mentale chez un membre de la famille, un ami ou un collègue au cours de sa vie, selon Santé Canada.

APSM: aidemaladiementale.com et 514-744-5218

«Sauvée» par l’APSM

«Si je n’avais qu’un organisme à soutenir, ce serait celui-là, car il m’a sauvé la vie.» Manon Béland dit «ne pas avoir de mots» pour décrire l’aide que lui a apportée l’APSM, mais sa gratitude envers l’organisme transparait dans chaque phrase de cette résidente du Vieux-Saint-Laurent qui jongle entre plusieurs proches atteints de maladie mentale.

Mme Béland a découvert l’APSM en 2014, peu après le décès de sa mère. Travaillant à temps plein, elle se retrouve alors avec toute sa famille et une succession à gérer.

«Régine [Larouche de l’APSM] désamorçait beaucoup de situations, elle me donnait confiance, elle me donnait des outils, explique-t-elle. C’était l’écoute que j’avais besoin d’une personne spécialisée, car je ne savais pas comment gérer cela, je m’en allais vers un gouffre.»

Au-delà du soutien ̶ «c’est plus que du soutien» ̶ apporté par Mme Larouche, l’entraide avec les autres membres de l’APSM a été une «formidable» révélation pour Mme Béland.

«C’est là que je me suis rendu compte que je n’étais pas seule! Et qu’il y en avait d’autres… C’est là que j’ai commencé à sortir la tête de l’eau.»

L’APSM lui a donné un «répit», notamment en lui permettant de prendre soin d’elle et ses premières vacances depuis des années. Ses relations avec ses proches atteints de maladie mentale se sont aussi modifiées.

«Au lieu de sauter les plombs, au lieu de crier, au lieu de pleurer ou carrément aller chercher une pilule, je sais comment me contrôler pour pouvoir faire face, prévenir et composer tout mon entourage.»

Avec ces outils en main, le doute et l’appréhension l’ont quitté, «peu importe ce qu’il va arriver», conclut-elle.

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