Johanna Pellus/TC Media L'enseignante Myriam Keyloun s'est découvert une passion en travail social auprès des autres réfugiés syriens après son arrivée au Canada.

Arrivée à Montréal en janvier, la Syrienne Myriam Keyloun travaille aujourd’hui comme intervenante au CARI St-Laurent. Elle raconte comment son périple de quatre ans d’Alep à Montréal, en passant par la Turquie et le Liban, l’a amené à vouloir accompagner ses compatriotes avec le projet «Réfugiés syriens avertis».

«Je n’avais pas pris la décision de quitter mon pays, mais l’école où j’enseignais l’anglais a été fermée, car il y avait des combats dans cette zone et c’était devenu difficile d’y accéder, explique-t-elle. Puis, ça a été complètement bombardé.»

Mme Keyloun est alors partie en Turquie, pour un mois initialement, avant d’y rester trois ans en tant qu’enseignante internationale, un statut qui la protégeait, croyait-elle.

C’est pour cette raison qu’elle n’a pas fait de demande lorsque le gouvernement canadien a annoncé qu’il accueillerait des réfugiés. Toutefois, ses parents ainsi que son frère, qui l’avaient rejoint en Turquie, avant de partir à Dubaï, ont rempli les formulaires.

À l’été 2015, Mme Keyloun a dû se rendre à l’évidence qu’elle devait entamer des démarches après que l’école turque où elle enseignait ait décidé de ne garder que les locuteurs natifs.

Rendue au Liban, il a fallu environ six mois pour qu’elle s’envole vers Montréal, où elle est arrivée le 13 janvier, ironiquement avant ses parents.

Intégration
«Je me sentais comme une touriste, se souvient-elle. Mais comme réfugiée, on sait qu’on ne peut pas repartir, contrairement à quand tu décides de changer de pays, où si quelque chose arrive, tu as toujours ta maison et ta famille qui t’attendent chez toi.»

Parlant parfaitement le français, l’anglais et l’arabe, elle travaille comme interprète pour la Croix-Rouge à son arrivée. Elle découvre que le travail social l’intéresse.

«Je me demandais si j’allais enseigner, mais je sentais que je n’aurais pas la confiance d’être dans une classe avec des élèves, d’être leur point de référence, comme c’est une autre culture», confie-t-elle.

C’est ainsi qu’en juillet, elle a commencé à travailler comme intervenante communautaire au Centre d’Accueil et de Référence sociale et économique pour Immigrants, le CARI St-Laurent.

Accueillir les réfugiés
Le projet «Réfugiés syriens avertis», qu’elle coordonne, s’adresse à ceux qui sont arrivés depuis quelques mois, qui ont déjà vécu plusieurs expériences et qui ont des questions.

«Quand on arrive, on est référé à une intervenante sociale qui nous parle de tout en même temps», se rappelle-t-elle.

L’atelier sera en arabe, pour que les participants n’aient pas à dépendre d’un interprète.

«On utilise le terme « réfugiés », mais il faut comprendre que ce sont toujours des individus et des histoires personnelles. Il ne faut pas non plus les mettre toujours en position de recevoir, mais créer un échange», conclut-elle.

La première série d’ateliers gratuits débute le 27 septembre et se terminera en décembre. Plusieurs sorties et visites sont prévues ainsi qu’un service de garde pour les enfants des inscrits. Une deuxième série aura lieu au printemps.

Pour plus d’informations sur le projet: 514 748-2007, poste 246.

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