Archives/TC Media Un médicament de la société Shire a été approuvé pour traiter l'hyperphagie boulimique.

Les patients atteints d’hyperphagie boulimique, un trouble alimentaire caractérisé par des épisodes d’orgie alimentaire incontrôlables, disposent maintenant d’une nouvelle option de traitement.

L’hyperphagie boulimique touche 3,5% des femmes et 2% des hommes selon diverses études. La maladie concerne deux fois plus de personnes que l’anorexie et la boulimie réunies. En plus de l’ingestion de grandes quantités de nourriture en peu de temps, les malades présentent souvent un surpoids ou de l’obésité en raison de l’absence de comportements compensatoires, comme un excès d’exercice.

Le premier et unique médicament disponible au pays pour traiter l’hyperphagie boulimique modérée à grave chez les adultes a été développé par la société de biotechnologie Shire, basée dans le Technoparc de Saint-Laurent. Nommé Vyvanse, sa substance active, le dimésylate de lisdexamfétamine, est une amphétamine qui stimule le système nerveux.

Si le médicament offre de nouvelles options de traitement, il ne conviendra pas à toutes les personnes, selon Shire. Ce sera donc aux médecins de déterminer sa prescription.

Cette position est également défendue par la directrice de la clinique St-Amour, qui traite les troubles alimentaires depuis plus de 20 ans à Québec et à Laval.

«Nous utilisons l’approche cognitive comportementale, avec la psychologie, la nutrition et l’appui de la famille. La médication peut être un ajout favorable, mais ne remplacera jamais la thérapie», explique l’infirmière clinicienne et psychothérapeute Nathalie St-Amour, qui a également mis en place une cyberthérapie sur internet et mobile.

Progrès récents
«Ce trouble est méconnu des professionnels de la santé. Il n’a été reconnu qu’en 2013 par le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5)», explique Mme St-Amour.

Il est souvent confondu avec l’obésité, mais c’est une maladie mentale, qui crée une relation particulière avec la nourriture.

«Les patients touchés ont tendance à présenter d’autres problèmes psychologiques graves comme la dépression et l’anxiété, ou des troubles associés au diabète», précise le Dr Hany Bissada, du Centre régional de traitement des troubles de l’alimentation à l’Hôpital d’Ottawa.

Le médicament Vyvanse est encore peu prescrit pour l’hyperphagie boulimique, mais, l’approbation par le ministère de la Santé étant récente, la donne pourrait changer dans les prochaines années.

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