À l’école Vanguard, qui accueille des élèves ayant des troubles d’apprentissage à Saint-Laurent, la culture va de pair avec l’apprentissage, qu’il s’agisse de légumes ou d’ouverture sur le monde grâce à un partenariat avec une école du Congo. Les serres étant inaccessibles cette année en raison de travaux, une enseignante en sciences a créé un potager hydroponique dans sa classe.

La serre a été construite il y a trois ans, peu après le regroupement de tous les campus de l’école Vanguard dans l’ancien orphelinat des Sœurs Grises, sur le chemin de la Côte-de-Liesse. L’objectif de «Semer l’avenir» est de montrer qu’il est possible de faire un jardin n’importe où, même entre deux autoroutes.

Pilotés par l’enseignante Linda Handiak, les élèves du secondaire ont fait des recherches sur les tisanes, laitues et fines herbes faciles à cultiver de même que sur la récupération d’eau de pluie. Leur récolte est destinée aux cuisines communautaires de l’organisme On Rock, à Pierrefonds-Roxboro.

Dans la classe du professeur de sciences Brianne Bond, un potager hydroponique a été installé. «L’idée est venue après avoir visité la ferme aquaponique de Écosystèmes Alimentaires Urbains (ÉAU), dans Villeray. Je voulais créer un lien avec la nature», explique-t-elle.

À la suite d’une courte formation, les adolescents ont fabriqué leur propre système sur une étagère. Un bac d’eau additionné de nutriments alimente trois tablettes de plants de tomates et de basilic éclairés par une lampe.

«Je suis fascinée par cette façon de cultiver, raconte une élève de secondaire 3, Naomi Baker. Ça ne prend pas beaucoup de place. De plus, ce système aide les plantes, car il n’y a pas de mauvaises herbes, ni de bibittes. Puis, on ne peut pas vraiment trop arroser, car c’est dans un environnement qui est contrôlé.»

L’installation dégage un bruit d’eau continu. «C’est plutôt zen», atteste pour sa part Ocean Wai West.

Depuis que les jeunes partagent les fruits de leur récolte hydroponique, Mme Handiak constate que même ceux qui n’étaient pas portés sur les légumes mangent des salades.

Interculturel
En plus de réunir les classes francophones et anglophones de l’école, les élèves échangent également trucs et astuces sur l’agriculture avec ceux d’une école en République démocratique du Congo, qui fait face aux mêmes défis de verdissement.

En 2014, la classe de Mme Handiak a été invitée à la Journée mondiale de la paix à l’ONU par l’organisation humanitaire montréalaise Connexion Justice Sociale (CJS). C’est à New York que les jeunes de l’école laurentienne ont écouté les Congolais parler des réalités de leur pays.

Vanguard collabore avec l’institut Zanner, à Goma, une ville de l’est du pays à la frontière avec le Rwanda, sur différents projets. Une exposition de dessins des élèves congolais a notamment été organisée à l’université McGill. Ils ont aussi chacun fait un travail sur les animaux en voie disparition dans leurs pays respectifs.

«Malgré toutes nos différences, nous avons beaucoup de choses en commun et les mêmes espoirs pour le futur, comme une planète plus verte», souligne l’adolescent de Saint-Laurent, Emré Yavuz-Vityé.

Les communications ne sont pas toujours faciles, les jeunes Congolais ayant un accès limité à un ordinateur. Ironiquement, leur seul échange par Skype a été interrompu cet hiver lorsqu’un autobus de la STM a heurté un poteau d’Hydro-Québec sur le chemin de la Côte-de-Liesse.

«Le plus intéressant est de les voir rire et sourire, malgré la guerre», complète une autre élève, Emmanuelle Corriveau.

Le projet «Semer l’avenir» a été désigné Coup de cœur du jury lors de la première édition des Prix de l’innovation de la Fédération des établissements d’enseignement privés.

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