Il a fait près des deux tiers de sa carrière à Saint-Laurent. L’agent sociocommunautaire du poste de quartier (PDQ) 7, Pierre Fauchier, a pris sa retraite ce printemps. Il revient sur ses 30 ans au sein du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Pour briser les barrières, rien de mieux que l’humour selon lui, «progressivement et avec tact», notamment pour tisser des liens dans la communauté.

M. Fauchier a souvent dû faire les premiers pas. «Il faut proposer sans insister. Si on est prêt à s’investir, les retours sont là et la majorité des organismes étaient réceptifs», précise-t-il.

Il y avait parfois de la méfiance envers la police, surtout dans un arrondissement multiculturel comme Saint-Laurent. «Certaines personnes viennent de pays où les autorités sont mal perçues. Il faut expliquer que ce n’est pas la même chose ici», soutient l’agent.

Résident de l’Ouest-de-l’Île, il a aimé Saint-Laurent et son atmosphère, qu’il qualifie de conviviale. Il aurait souhaité participer à davantage d’activités avec la population, même s’il en faisait un maximum.

Police de quartier
M. Fauchier a assisté aux balbutiements de la police de quartier, alors qu’il était ilotier – l’ancêtre des agents sociocommunautaires – à Saint-Laurent, le district 14 dans les années 1990. «Nous devions nous approcher des commerçants, j’allais dans les centres d’achats pour avoir une meilleure connaissance de leurs problèmes», se souvient-il.

Ce modèle a finalement était implanté officiellement en 1995 au SPVM. M. Fauchier postule pour devenir agent sociocommunautaire en 1999.

Après un passage dans Notre-Dame-de-Grâce et quatre ans dans l’Ouest-de-l’Île, où il s’occupait davantage de la jeunesse, les dossiers communautaires, aînés et communications lui sont confiés en priorité à Saint-Laurent en 2005.

Il prend alors part au programme Hibou, un réseau d’intervenants auprès des personnes âgées, qui compte notamment des ressources au CLSC et à l’arrondissement.

«Il remplissait bien son rôle de faire le pont entre le milieu et la police, tout en respectant la structure de son organisation et ses limites imposées, se rappelle Lise Lacombe, agente de développement social depuis 14 ans au sein de l’administration laurentienne. Nos deux mandats d’aide aux citoyens se rejoignaient.»

Alors qu’il s’agit souvent de dossiers de longue haleine, ces liens entre les différents services permettaient la mise en place de solutions ou un encadrement.

«L’agent sociocommunautaire ne s’occupe pas nécessairement du criminel, comme le reste de la police, mais de choses qui peuvent le devenir», souligne M. Fauchier.

Le modèle Intervention policière auprès des aînés maltraités (IPAM) est aujourd’hui la suite de Hibou, mais au sein de toutes les unités du SPVM.

«Avec la croissance de la population aînée, et par conséquent des problématiques liées comme les fraudes et les abus, c’est important de créer un réseau solide avant d’être dépassé par les événements», juge-t-il.

Pour le moment, les deux autres agents sociocommunautaires du PDQ 7 et un employé civil se sont réparti ses dossiers.

Carrière

Pierre Fauchier définit son arrivée dans la police en 1988 comme «un concours de circonstances». Trop petit pour y entrer alors qu’il était au cégep, il s’oriente en aménagement du territoire. Quelques années plus tard, les critères changent et il est engagé par le Sevice de police de la communauté urbaine de Montréal (SPCUM), sous condition de réussir ses études à l’Institut de police du Québec, aujourd’hui appelée l’École nationale de police, à Nicolet.

Après avoir débuté en tant que patrouilleur, comme tout policier, dans l’ouest de Montréal, il devient ilotier à Saint-Laurent, puis passe à la sécurité routière et travaille également au Centre opérationnel Sud. Il était agent sociocommunautaire depuis 1999.

Grand-père depuis peu, l’agent savoure sa retraite sans horaires, même s’il est encore actif. Il a notamment donné un colloque avec les instances municipales récemment.

30
L’agent Fauchier a passé 30 ans au sein du SPVM, dont les 12 dernières années au PDQ 7.
5
L’agent Fauchier a connu cinq commandants à Saint-Laurent, dont Éric La Penna, maintenant au PDQ 4 à Dollard-des-Ormeaux, et Daniel Farias jusqu’à l’année dernière.
2
Jusqu’en 2008, Saint-Laurent était divisé en deux PDQ, séparés par le boulevard de la Côte-Vertu. C’est lors de leur fusion que l’agent Fauchier commencer à se consacrer pleinement au dossier des aînés.

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